Quand travailler ne suffit pas pour vivre

Laurent, Michèle Paule, Éric, Muriel et les autres racontent leur quotidien difficile . Chez ces gens-là, on ne vit pas, Monsieur, on compte et on se prive. Sans relâche.

Dans notre petit pays si prospère en apparence, 14 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Et avoir un emploi à temps plein ne suffit pas toujours à garantir une vie décente.

Michèle, employée depuis 28 ans par la ville de Liège, gagne 1600 € par mois. Elle élève seule son fils, n'est pas propriétaire de son logement et sait déjà que sa retraite ne sera qu'une suite de fins de mois difficiles.

Éric, ouvrier à la commune de Berchem-Sainte-Agathe, et père de trois enfants, fait vivre sa famille nombreuse avec un salaire de 1300 € et les allocations familiales. Son épouse a bien envisagé de travailler mais avec la hausse du loyer de leur logement social et les frais de garde des enfants, il lui resterait 75 €.

Comme les autres invités du magazine C'est la vie en plus, Laurent, employé chez un traiteur depuis 12 ans, démontrera les aberrations d'un système où il est parfois plus rentable de vivre des allocations du chômage que d'aller travailler chaque matin.

Avec les témoignages de Florian qui enchaîne depuis deux ans et demi les contrats à la semaine et de Paule qui grappille sans relâche des heures supplémentaires pour arrondir les maigres revenus de son emploi à mi-temps dans une grande surface, le monde du travail apparaît dans toute son injustice, toute sa mesquinerie. Alors, il arrive que certains comme Philippe, qui témoigne anonymement, fraudent, magouillent pour avoir une vie décente. Employé à mi-temps par une société de déménagement, il travaille au noir et ment sur sa situation familiale pour toucher un peu plus de l'ONEM. «Je me suis adapté à leur système et je suis devenu meilleur qu'eux», assène-t-il sans aucune fanfaronnerie. Un constat accablant qui rend la vie de ceux qui essaient de s'en sortir honnêtement encore un peu plus amère.

Mercredi, la Une 22.25