Le Just in team est lancé. N'en attendez pas des stars à la pelle. Même si la structure bénéficie de l'expertise de Carlos Rodriguez.

La Palestre, à Limelette, prépare une inauguration en grandes pompes fin du mois. En attendant, le club de Justine Henin et de Carlos Rodriguez vit entre les échafaudages, dans les gravats et les courants d'air, rénovation tous azymuts oblige. «Justine nous a fait cadeau d'une infrastructure magnifique, mais il faut d'abord souffrir avant d'être beau», sourit l'entraîneur brabançon.

Ce vendredi-là, les jeunes (16-18 ans) du Just in team trouvent refuge sous une tente-bâche dressée sur la terrasse, la jolie secrétaire s'emmitoufle avec le sourire, le cou enroulé dans une grosse écharpe, et Philippe Dehaes, qui coache les aspirants pros, campe dans la poussière, à côté de l'ordinateur, en grignotant son sandwich.

Une fille...

À la guerre comme à la guerre, personne ne se plaint, et surtout pas les six garçons qui constituent la première mouture de ce Just in team. Ils mesurent leur chance. La surprise, c'est qu'une fille s'est jointe à la troupe. Aude Vermoezen, 18 ans, qui a quitté la fédération flamande et demandé asile à Limelette.

«Ce n'était pas prévu, mais, pour une jeune Belge, Carlos a fait une exception. Elle n'est d'ailleurs pas vraiment dans le team, et cela ne signifie pas que l'on voit spécialement en elle une star de demain, prévient Dehaes. Néanmoins, son jeune CV était vraiment bon, le meilleur de son âge en Belgique, elle a été médaillée de bronze olympique juniore, et elle a été blessée durant onze mois au cours des deux dernières années.

Elle montre des choses, frappe fort, prend la balle tôt. Elle finance, avec des partenaires, et on lui offre, sans se poser d'autres questions, un service, un encadrement, tennistique, physique, nutritionnel, à la Palestre comme en tournois, pour qu'elle puisse développer au maximum son potentiel. C'est notre unique objectif, avec elle comme avec les garçons. Personne n'a dit pas qu'on allait sortir des Top 100 mondiaux à tour de bras. On ne contrôle pas tous les paramètres.»

La demoiselle de Grimbergen est une sorte de... Marion Bartoli qui joue tout à deux mains, elle a pris du retard mais n'en affirme pas moins sur son site : «Le but premier de Carlos est que je retrouve les armes qui me sont propres, je promets de les utiliser en match, attention ça va faire mal!» Il existe d'autres structures privées du genre dans le pays, mais l'expertise de Carlos Rodriguez et l'aura de Justine font évidemment fantasmer, que ce soit pour une première, ou une deuxième chance.

... et trois francophones

Malgré la presse et le bouche à oreille, la Palestre n'a cependant pas été envahi par une horde de candidats venus des quatre coins de la planète lors des premiers tests organisés cet été. La structure doit se mettre en place, et faire ses preuves. «On a tout de même enregistré des candidatures venues de France, Italie, Tchèquie ou Suisse, qui n'ont pas été retenues», souligne Philippe Dehaes.

Finalement, un seul étranger figure dans le groupe de six constitué début octobre : le Hollandais Jeroen Bernard. On lui ajoute deux Flamands, délaissés par la VTV pour l'une ou l'autre raison, le Brugeois Jeroen Claes, et l'Anversois Yannick Vandebulcke dont Carlos nous disait lors des tests : «Regarde ce gars-là comme il frappe, et on prétend qu'il n'a pas de coup fort...»

Trois francophones complètent le noyau actuel : deux Brabançons, Karim Ahmad, 17 ans, de Waterloo, et Alec Witmeur, 18 ans, de Lasne. Ils viennent tous les jours en voisins. Au contraire de l'Arlonais Laurent-Olivier Daxhelet, 16 ans, qui ne rentre que le week-end et loge, avec ses trois collègues néerlandophones, dans un appartement de 180 m2 à Hamme Mille.

«De 9 à 16 ou 17h, ils s'entraînent, ils sont nourris et suivis tennistiquement, physiquement, diététiquement, mais pas seulement... Carlos, qui veut se limiter à douze maximum, accorde une grande importance à l'aspect éducatif, ils sont tous susceptibles de véhiculer un jour l'image de Justine à l'extérieur. Ce sont de bons gars, avec un bon niveau, on les véhicule tous les jours, et un des coaches''maison'', Andres Bruno, habite dans un appartement voisin du leur», conclut Philippe Dehaes.

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