La Belgique, championne du portrait-robot

La Belgique, championne du portrait-robot

1.200 portraits sont en moyenne réalisés chaque année par les dessinateurs de la police (ici le portrait lancé à la suite de l'agression de Joe Van Holsbeeck en avril 2006). (photo Belga)

Le pédophile Vico a été arrêté il y a une dizaine de jours grâce à la technologie. Mais rien ne vaut un portrait-robot. La Belgique excelle dans ce domaine. Gros plan.

L' arrestation du pédophile «Vico» en Thaïlande sur base d'un décryptage informatique la technologie est aujourd'hui la panacée en matière de recherche criminelle.

Pourtant, «une gomme et un crayon, c'est encore comme ça que ça fonctionne le mieux, rétorque Benny Claes, l'un des quatre portraitistes de la police fédérale. Même les policiers américains sont revenus de l'informatique.»

Au mur de son bureau, des portraits dessinés. Dont celui du roi et de la reine. Des photos aussi. D'enfants disparus notamment. Des planches anatomiques et des empreintes digitales. C'est l'antre de Benny. À la base, il a une formation artistique. Ce n'est que plus tard qu'il devient policier.

«Je suis là depuis 1982, explique-t-il fièrement. Nous avons l'une des équipes les plus anciennes au monde.» Et donc les plus expérimentées. C'est bien simple : la Belgique a une réputation internationale en matière de portraits-robots. Notre pays est virtuellement championne du monde de la «catégorie». À tel point que des polices étrangères s'adressent parfois à Ben et ses collègues pour réaliser des portraits.

Peu de retour

Pour faire ce boulot, précise le portraitiste, il faut bien sûr du talent de dessinateur mais surtout une bonne dose de psychologie.

«Les témoins n'arrivent pas toujours à exprimer verbalement ce qu'ils ont vu. Surtout s'il s'agit d'enfants. Il faut choisir le bon moment. Il faut pouvoir les écouter et faire preuve de patience. Nous devons nous intéresser à l'affaire et aux gens. Il faut être policier pour faire ce métier. C'est une démarche intellectuelle particulière.»

Pas évident. Car la perception des faits est évidemment toujours subjective. «Mais dans l'ensemble, il est rare que les témoins se trompent précise Benny. Ils nous envoient presque toujours dans la bonne direction.»

Malheureusement, impossible de savoir plus tard si le portrait-robot a porté ses fruits. «Nous n'avons que rarement des retours de notre travail. Tout ce qu'on sait c'est que nous faisons avancer l'enquête. Sinon, on ne nous appellerait plus...».

C'est même plus tôt le contraire. En 20 ans, le nombre de portraits réalisés par l'équipe de Benny est passé de 350 à 1.200 par an, avec une moyenne de 2 à 3 portraits par jour. «Et toujours sur le terrain, c'est plus convivial.»

La technique du catalogue de cheveux, yeux, nez, bouches et mentons fonctionne en revanche toujours aussi bien. Une fois les différentes bandelettes assemblées par Benny le policier, reste le coup de crayon de Ben l'artiste qui sortira alors le portrait-robot en 1h30 chrono.

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