provinciale 1

La folie payante de Robert Formatin Aubel Minerois 0 0

Derby de contrastes entre deux voisins qui affichaient pourtant - et affichent toujours d'ailleurs - une égalité parfaite au classement. Contraste sur le terrain entre une équipe qui s'évertua à attaquer tant et plus et une autre qui fit le gros dos aux abords de son rectangle. Contraste aussi dans les vestiaires, où l'atmosphère de l'un ressemblait davantage à un enterrement de première classe alors que l'ambiance de l'autre était à la franche rigolade. Contraste enfin, et forcément, dans les commentaires d'après match. «Il y a de quoi être déçu» lâchait un Claudy Chauveheid qui stigmatisait les manquements qui ont privé le camp aubelois d'un succès qui entrait évidemment dans le plan de marche de l'équipe.

«L'équipe a manqué d'accélération, d'imagination, de précision, de débordements et de construction, énumérait l'entraîneur du RFCA. Sur le plan offensif, des garçons comme Pinckaers et Hansen manquaient clairement de fraîcheur pour jouer en pénétration et provoquer davantage l'adversaire. Nos attaquants centraux, Zico et Marlet, n'ont pas été brillants non plus.» Et Claudy Chauveheid de tirer un constat face à l'impuissance offensive des siens (aucun but inscrit) lors des deux dernières rencontres disputées au stade communal (NDLR : allons même plus loin, en six rencontres disputées à domicile, Aubel est resté quatre fois muet !). «On peut se demander si cela sert encore à quelque chose de jouer de manière offensive avec quatre attaquants, dont deux axiaux ? Je me rends compte qu'à domicile, sur un terrain plus étroit comme le nôtre, ça ne paie pas.»

Une méthode qui a payé, par contre, c'est celle employée par Robert Formatin pour aborder ce derby. L'homme savait pertinemment qu'il avait tout à gagner dans ce match, sachant que personne n'aurait sans doute adressé le moindre reproche à l'équipe si d'aventure elle avait dû courber l'échine. L'entraîneur de La Minerie a surpris tout son monde en écourtant l'échauffement. «On sait bien que je suis un peu fou !, narrait-il avec son humour habituel. Ca ne servait à rien d'abreuver mes gamins de considérations tactiques. J'ai rassemblé mes joueurs dans le vestiaire.

Je leur ai demandé... de se présenter et ce qu'ils attendaient de leurs équipiers ! La plupart étaient prêts à se sacrifier pour... gagner !» A voir comment ces joueurs-là, notamment les anciens, ont été impressionnants d'abnégation, on peut parler de «folie» payante...