Négociations

Boucler pour souffler en paix

Souffler quelques jours dans une atmosphère de concorde : Yves Leterme en rêve, qui veut boucler d'ici à demain «tout ce qui ne fâche pas»!

V olontariste, le formateur : Yves Leterme espère boucler d'ici à demain soir un accord gouvernemental complet à l'exception des points qui fâchent : la réforme de l'État, Bruxelles-Hal -Vilvorde et le budget. C'est ce qu'annonçait hier la rédaction de la VRT, la chaîne publique flamande.

Réaliste? Les négociateurs avaient à leur programme le chapitre 1 de la note de l'homme fort du CD & V, relative au marché du travail, et le passage relatif aux soins de santé. Interrompues par une visite du formateur au Roi, auquel il a remis un rapport inter médiaire, les discussions ont repris en fin d'après-midi et devaient se poursuivre en soirée. «Dans un climat plus relax» note un observateur. Un signe : la lecture du chapitre 2 a été entamée, qui porte notamment sur les allocations sociales.

Reprofilage libéral et social

Les points d'accroche n'ont pas été gommés pour la cause : l'Open VLD est notamment revenu avec sa proposition de limiter dans le temps les allocations de chômage, mais les libéraux flamands étaient isolés en la matière. «Avec les affaires qui les accablent, et qui ne sont apparemment pas finies, le VLD est nerveux, ce qui ne simplifie pas les choses» relève un proche des négociations. La «sortie» de Bart Somers, dimanche, sur Bruxelles-Hal-Vilvorde en témoigne.

Mais aujourd'hui libéraux francophones et flamands se serreront peut-être plus les coudes. «Parce que nous avons l'impression d'être un peu diabolisés pour l'instant» dit-on dans leurs rangs.

C'est le libéralisme social qui se reprofilera : pour la défense d'une sécurité sociale «généreuse, mais pérenne»; et avec une attention pour les plus faibles. Visées, ici, la revalorisation des plus petites pensions, ou encore des allocations pour les handicaps, du chef de famille ou d'un enfant. Sur les pensions, le MR soutiendra l'idée d'une conférence nationale, proposée par les partenaires sociaux au sein de l'Office National des Pensions.

Reste l'adaptation des allocations sociales au bien-être : le souci de lever des «pièges à l'emploi», qui rendent le travail moins attractif que le chômage ne devrait pas susciter de difficultés. Le renvoi à la concertation sociale mais «dans l'esprit du Pacte des générations» pourrait donner lieu à discussion. La volonté de mettre au même niveau les allocations familiales pour salariés et pour indépendants - «Sabine Laruelle a comblé 20 des 37 euros : il reste 17 euros à éliminer» - ne heurtera pas, mais rencontrera peut-être la volonté flamande de communautarisation en la matière.