TENNIS Exhibition à Mannheim

Justine et Steffi, pour le bon motif

Cet après-midi, Justine Henin répond à l'invitation de Steffi Graf à Mannheim. Pour la bonne cause, celle des enfants en difficultés.

L'exhibition de Mannheim, cet après-midi (15h30, TV sur la chaîne allemande ARD), a perdu une part de son attrait avec l'annonce que Steffi Graf, légèrement blessée, ne s'alignerait pas en simple face à Justine Henin. Non qu'il y ait eu un quelconque enjeu sportif ou même de prestige dans une telle amicale rencontre, d'autant que l'Allemande, 38 ans, deux enfants, ne pratique plus guère - «si j'ai empoigné huit fois la raquette cette année, c'est beaucoup», reconnaissait-elle fin septembre.

D'ailleurs, «l'essentiel n'est pas là, ajoutait-elle, il est dans le fun, le plaisir donné au spectateur, et surtout l'argent que l'on peut récolter pour les enfants de ma fondation Children for tomorrow. Il serait ridicule de penser que je puisse battre l'actuelle numéro un mondiale, et ce qui compte, là encore, c'est que Justine n'a pas hésité en début d'année, elle a regardé son agenda et répondu oui de suite.»

Il faut dire qu'avec les 20 coeurs de Justine, notre compatriote soutient, elle-même, une organisation du même type, au bénéfice de laquelle Steffi viendra peut-être se produire un jour à son tour, qui sait. Children for tomorrow vient en aide aux enfants victimes de la guerre, de la violence, de la répression, exilés ou sans famille.

Il est également bon de signaler à quel point ces deux grandes dames du tennis s'entendent et s'estiment aujourd'hui. En début de carrière, même déjà au top mondial, Justine, intimidée, n'osait adresser la parole à son idole de toujours, que ce soit dans un vestiaire ou en avion au retour d'Australie. Steffi l'a appris, et a accompli elle-même le premier pas, à Orlando, lors d'une conférence Adidas. Depuis, elles ont déjà joué côte à côte lors de la journée Berthet en prélude à Roland Garros 2005, et surtout elles se téléphonent régulièrement.

«Je sais que Steffi l'encourage et la félicite, dit José, le papa de Justine. Dans la famille, sa maman et moi, on était fans de Graf, et aussi d'Edberg que ma femme avait baptisé l'«aéroglisseur». Juju affichait leurs posters, mais ce n'est pas pour autant qu'elle a copié l'un ou l'autre techniquement. Elle est d'ailleurs plus proche tennistiquement de Federer que de qui que ce soit d'autre. Mais elle aimait leur attitude, leur élégance, leur manière de se comporter sur le terrain. Quand elle a pu assister à un de leurs matches, la finale Graf-Seles à Paris, ou la demi-finale Edberg-Forget à Bruxelles, elle les a suivis avec une concentration incroyable, c'était beau à voir.»

En voulant revenir au tennis de manière plus intensive durant quelques jours, Graf - qui avait déjà convié Gabriela Sabatini dans des circonstances semblables en 2005 - s'est donc fait mal au mollet. Ce qui a mis un en péril un spectacle qui avait déjà fait le plein de réservations dans la cité d'origine de la championne allemande. Du coup, le double mixte prévu en fin de programme avec Andre Agassi et Goran Ivanisevic passe en tête d'affiche, Steffi se sentant capable de le disputer, et un match entre les deux hommes clôturera le programme. Au cas où, la dernière fois où Graf et son mari ont joué ensemble dans une exhibition de ce genre, c'était à Houston, et Andre lui a envoyé accidentellement sa raquette à la figure. Résultat : trois points de suture!