«J'aurais préféré rester adjoint de Frankie»

À 36 ans, Glen De Boeck n'a pas manqué ses débuts d'entraîneur au CS Bruges. C'est en tant que troisième qu'il accueillera Anderlecht.

Glen De Boeck, vous accueillerez Anderlecht avec un point d'avance sur les Mauves, dimanche. Vous vivez un rêve éveillé depuis que vous avez enfilé le costume de T1 du CS Bruges, cet été?

Un peu, je dois bien l'avouer. Si on m'avait dit qu'on serait troisième après dix journées, j'aurais crié au fou. Mais, d'un autre côté, notre position ne doit rien au hasard. Nous n'avons pas encore volé un seul point depuis le début du championnat.

Vos joueurs disent que vous êtes en train de professionnaliser le Cercle et de lui donner, enfin, des ambitions...

C'est mon objectif. Avant la saison, les spécialistes nous prédisaient une quinzième place au classement final! J'ai toujours su qu'ils se trompaient. Je savais qu'il y avait du talent dans notre noyau. D'autant qu'on n'a pas loupé nos transferts cet été. Avec Hasi, Iachtchouk ou encore Snelders, on a recruté de la qualité et de l'expérience pour venir encadrer nos jeunes talents.

Le Cercle présente la deuxième meilleure attaque de la D1, juste derrière le Standard, avec vingt-quatre buts pour seulement onze encaissés. En tant qu'ancien défenseur, vous êtes convaincu que la meilleure défense, c'est l'attaque?

Il faut bien sûr avoir les joueurs pour le faire, mais je n'en ai jamais douté.

On ne peut pas dire que vous étiez le défenseur le plus talentueux de D1. Mais votre mentalité vous a permis de faire une très belle carrière. C'est cette même mentalité qui vous permet aujourd'hui de pousser le CS Bruges à l'exploit?

Je ne suis pas d'accord avec vous quand vous dites que je n'étais pas vraiment talentueux. Qu'est-ce que le talent? On ne reste pas dix ans titulaire à Anderlecht si on n'a pas une très bonne base technique et un bon sens tactique. Quant à la mentalité dont vous parlez, je crois effectivement que mes joueurs ont vite compris mon message. Avant mon arrivée, les joueurs du Cercle étaient trop vite contents.

Votre départ d'Anderlecht ne s'est pas fait en douceur. La direction mauve vous a poussé vers la sortie pour placer Ariël Jacobs. Serez-vous animé par un sentiment de revanche, dimanche?

Je ne suis pas rancunier. Anderlecht me payait, il avait tout à fait le droit de ne pas renouveler mon contrat. La seule chose qui m'a fait mal, ce sont les propos d'Herman Van Holsbeeck dans la presse : prétendre que je n'étais pas polyvalent et que je ne savais pas utiliser un ordinateur (NDLR : De Boeck était-il trop ambitieux ?), ce n'était pas très correct. En fait, la direction ne m'a jamais dit clairement que je devais partir.

Jusqu'au bout, vous avez espéré rester au Sporting?

Bien sûr! Si ça n'avait tenu qu'à moi, je serais encore aujourd'hui l'adjoint de Frankie Vercauteren. J'aurais préféré cette option. Je n'ai que 36 ans. Je n'avais prévu de faire le grand saut comme entraîneur principal qu'à 40 ans. Le jour où j'ai pris la décision de rejoindre le Cercle, Vercauteren m'a demandé d'attendre encore deux jours. Frankie voulait absolument forcer les choses auprès de la direction du Sporting pour que je reste son adjoint. Mais il n'a malheureusement pas réussi dans sa tentative.

Si votre genou ne vous avait pas lâché, avez-vous le sentiment que vous pourriez encore apporter quelque chose à la défense d'Anderlecht aujourd'hui?

Oui, je crois que j'y aurais encore ma place. Si j'avais gardé la santé, j'aurais joué jusqu'à 37 ans. Malheureusement, j'ai un trou gros comme une balle de ping-pong dans le cartilage du genou.

Comment vivrez-vous vos retrouvailles avec les Mauves?

Après treize années consacrées au Sporting, ce sera la première fois que je jouerai contre lui. Ce sera étrange. Mais je ne me laisserai pas gagner par les émotions, ni avant ni pendant le match. Au coup de sifflet final, par contre, ça risque d'être autre chose...