Promotion D Fabrice Silvagni (Walhain)

«Je n'ai pas compris l'amertume...»

Ancien entraîneur des «Merles» , limogé à trois matches de la fin, Fabrice Silvagni a mal vécu son éviction, mais il se reconstruit.

A mi-championnat Namur ne se portait pas trop mal lorsque son président, impatient, décida de marquer un grand coup au mercato et de tenter de remporter la dernière tranche. Mal lui en prit, car l'équipe, après moultes péripéties, ne trouva jamais ses marques et l'aventure fut bien près de se terminer un étage plus bas, le club mosan n'étant sauvé que d'extrême justesse et sur le tapis vert. Dindon de cette triste farce, Fabrice Silvagni se vit même licencié à 3 matches de la fin et comme toutes les places d'entraîneur étaient déjà prises pour la saison suivante, il resta sur le carreau, meurtri, déçu. «J'ai très mal vécu ce moment, expliquait Fabrice, peu habitué à ce genre de traitement alors qu'il fut adulé partout où évolua, du Sporting de Charleroi à Salonique. Je ne comprenais pas ce qui m'était arrivé et ce qu'on pouvait me reprocher. Et j'ai encore plus mal vécu le fait qu'on ne veuille pas honorer mon contrat. Je voulais que cela se termine correctement et, au contraire, j'ai dû me pourvoir à l'Union Belge. Et si Namur n'avait pas dû obtenir sa licence, je pense que ce ne serait pas encore réglé. Je n'ai pas bien compris cette amertume, mais dernièrement j'ai retrouvé le président qui m'a avoué n'avoir pas toujours été bien conseillé, notamment par certains anciens. Ceci dit chapeau à ce qu'il a fait pour amener Namur en D2, mais il doit cesser de se faire dorer la pilule par des gens qui le flattent et lui disent que Namur a le meilleur jeu de la D2. Il l'aura lorsqu'il aura pris plus de points et remporté des victoires...»

Walhain

Pour Fabrice, la page Namur s'était tournée, mais en se fermant de cette manière, elle mit un petit frein à la carrière du Taminois qui se lança à fond dans le tennis pour oublier, lorsqu'il n'était au bord d'un terrain de Couillet, l'Olympic ou le Sporting, où il rongeait son frein.

«Je jouais au tennis, poursuivait-il, mais je rêvais football et lorsque Walhain est venu me demander de reprendre la suite d'Hidalgo je n'ai pas hésité une seconde. J'ai voulu sauver l'équipe, mais on a échoué de peu, la poisse nous jouant un sale tour en fin de championnat. Dès lors, il me restait à reconstruire, mais ce n'est pas toujours évident de remettre une équipe sur les rails, d'autant qu'avec René, Walhain avait connu des jours heureux, en compagnie des Lambrechts, Van Gest, Siméon, Beersaerts et consorts. Une superbe équipe et certains anciens n'ont pas encore compris que ce temps-là était révolu. Non, il faut rebâtir, un peu comme j'ai fait à Namur lorsque Jean-Claude Baudart a repris l'équipe et qu'il n'y avait plus rien...

» Ici, il y a encore des bases solides, des joueurs qui tiennent la route et de très bons jeunes, mais il faut du temps pour remettre tout en place et surtout que la malchance nous abandonne. Les blessés s'accumulent, il faut changer constamment l'équipe et cela nuit à la cohésion, mais il faut que certains comprennent bien que Walhain ne va pas jouer le titre, mais bien se stabiliser. Et pour construire il faut une base solide, qui part de l'arrière. On m'a fait, un peu, une réputation d'entraîneur ultra défensif parce que je suis un ancien libero, mais au contraire je suis pour l'offensive, lorsqu'on en a, du moins, les moyens. C'est vrai que je n'aligne qu'un attaquant, mais cela permet aux joueurs d'entre jeu d'être plus libres, de s'infiltrer, de plonger dans la profondeur. C'est un style qui n'est pas encore bien en place, mais qui va payer. J'en suis certain et les jeunes du comité également.»