Services en rade

Une pétition qui fait tache d'huile

Une pétition qui fait tache d'huile

Un bureau de poste qui ferme : le début d'une mobilisation globale qui fait boule de neige ? (photo EdA - Jacques Duchateau)

Dans les quartiers, chacun pétitionne dans son coin pour sauver des services publics. Deux jeunes veulent fédérer toutes ces forces. Gros plan.

«Notre action est une première : on peut sensibiliser des citoyens qui ne se sentent habituellement pas concernés par ces discussions», explique Nathalie Rutten, jeune citoyenne à l'origine d'une pétition en ligne et sur papier intitulée «Mon quartier mérite des services publics». Objet: le rouleau compresseur de la libéralisation des services.

C'est une histoire qui commence dans la rue, autour de bureaux de poste en voie de disparition. Habituellement, la mobilisation s'organise plutôt facilement. Des habitants pétitionnent depuis longtemps pour sauvegarder ce qui les concerne de très près. Ça ne s'est pas passé autrement à Sainte-Marguerite, deuxième quartier de Liège : 15.000 habitants, pas particulièrement favorisés, vont devoir se taper le centre-ville pour aller chercher leurs timbres, parce que deux bureaux de poste passent à la trappe. Pétition, donc. «On a eu 2 500 signatures et le soutien de tous les partis politiques, notamment via une motion au conseil communal», signale Gun Gedik, le jeune riverain à l'origine de cette réaction locale.

Nathalie Rutten habite dans un autre quartier de Liège. Et l'action «Sainte-Marguerite» ne lui a pas échappé. La jeune femme se dit qu'il serait sans doute utile de ne pas travailler chacun dans son coin. «J'habite Saint-Léonard. C'est le même problème. D'où l'idée d'élargir la mobilisation à d'autres quartiers, à d'autres communes, à d'autres services de proximité : les bibliothèques, les antennes du CPAS, les transports en commun, les mairies de quartier, etc.»

C'est comme ça qu'on lance un nouveau collectif. Il s'appelle donc «Mon quartier mérite des services publics». Il a rejoint le Forum social de Belgique, au sein du groupe AGCS qui lutte contre la libéralisation des services telle que négociée au sein de l'OMC. La pétition s'étend. La mobilisation fait tache d'huile

Tous concernés

«Cette mobilisation existe partout. Mais pas sous cette forme-là. Ici, la réaction est globale. Quand on n'est pas directement touché par un problème, on a du mal à s'y investir», confirme Paul Furlan, président de l'Union des Villes et Communes de Wallonie (UVCW) et bourgmestre de Thuin. Les deux jeunes à l'initiative de cette mobilisation ont en effet contacté l'UVCW, puisque «tous les acteurs locaux sont concernés par la suppression des services publics». Idem pour les syndicats. La FGTB et la CSC se rallient d'autant plus facilement au mouvement qu'ils enfoncent le clou depuis des années en ce qui concerne les services publics.

Même vigilance du côté des CPAS. «Il y va de l'intérêt des populations les plus fragiles, les plus pauvres, qui sont aussi les plus touchées quand on supprime non seulement un bureau de poste, mais aussi une gare ou des arrêts de bus», insiste Claude Emonts, président de la fédération des CPAS wallons.

La pétition est accessible sur le site : http://www.lapetition.be/petition.php?petid=740.