Gaz : 30.000 foyers menacés

Les fournisseurs d'énergie ont jusqu'au 15 novembre pour sanctionner les clients en défaut de paiement. (photo Belga)

Des milliers de foyers wallons sont menacés de coupure de gaz avant le 15 novembre. Après cette date, plus aucune coupure ne pourra avoir lieu jusqu'au 15 mars. En attendant, la sonnette d'alarme est tirée. Gros plan.

+ Thibaut de Menten, coordinateur du réseau wallon pour l'accès durable à l'énergie :

+ Paul Trigalet de Solidarité Nouvelle Charleroi :

Trente mille. C'est le nombre de foyers qui risquent de faire l'objet d'une demande de coupure de gaz d'ici le 15 novembre, sur tout le territoire wallon. «Si on se réfère, en tout cas, aux dossiers traités l'an dernier par les Commissions locales d'avis de coupure», précise Thibaud Dementen, coordinateur du Réseau wallon pour l'accès durable à l'énergie (RWADE).

Conséquence directe de la libéralisation du secteur de l'énergie, cette situation est vivement dénoncée par cette association auprès des autorités. Les fournisseurs d'énergie ont jusqu'au 15 novembre - au-delà de cette échéance, un arrêté ministériel protège les consommateurs - pour sanctionner les clients en défaut de paiement, ou ceux qui n'auraient pas trouvé de nouveau contrat.

Or, comme l'explique Thibaud Dementen, «disposer d'un contrat de fourniture constitue, dans l'état actuel de la législation, l'unique possibilité légale d'être alimenté en gaz. Vu les garanties bancaires que les fournisseurs ne manqueront pas d'exiger des clients qui auront été coupés et qui souhaiteraient signer un contrat, nous craignons qu'un nombre important de ménages qui n'ont pas les moyens de conclure un contrat soient privés de gaz durant la période hivernale.»

La Commission wallonne pour l'énergie (Cwape) confirme les craintes: «Les menaces pèsent sur des dizaines de milliers de foyers».

D'année en année, le nombre de coupures augmente. On est passé de 2000 cas en 2004 à 4.500 en 2005. Et en 2006, on en était à 5.500 cas. Car les demandes des fournisseurs d'énergie ne sont pas forcément exécutées.

Les causes de ces coupures sont de plusieurs ordres : «Il peut s'agir d'une erreur de facturation, ce qui est de plus en plus fréquent depuis le 1er janvier 2007. Cela peut également être lié à des retards de paiement ou à la qualité du logement», poursuit le coordinateur.

Dans l'état actuel, en cas de coupure de gaz, les publics précarisés ne sont pas protégés. Contrairement aux fournitures d'électricité qui prévoient un système de compteur à carte. C'est pourquoi le RWADE sollicite le CPAS pour que le niveau de revenu soit mieux reconnu dans le statut de «client protégé».

«Nous réclamons par ailleurs la mise en place de sanctions pour prévenir et responsabiliser les fournisseurs en cas d'erreurs», ajoute Thibaud Dementen.

À Charleroi, l'association Solidarités Nouvelles, une des antennes du RWADE, est très active dans cette problématique. Paul Trigalet, figure emblématique du paysage associatif carolo, pointe un autre frein : «Ces six derniers mois, nous avons constaté que bon nombre de fournisseurs refusaient à leurs clients des plans de paiement. Nous allons d'ailleurs rencontrer un juge de paix avec le RWADE pour tenter de régler cette situation».

Et Thibaud Dementen de conclure: «La situation tend vraiment à se dégrader. Par le passé, la très grosse majorité des personnes endettées vis-à-vis de leur intercommunale de distribution, ont réglé les problèmes par la négociation et dans le respect d'un plan de paiement. Nous demandons donc qu'en deçà d'un retard de paiement de 250 €, l'étalement soit accepté.»

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