Simaeys a déjà fait son trou

Jeroen Simaeys (à droite) est en train de s'imposer dans l'équipe brugeoise. (photo Belga)

Arrivé de Saint-Trond , l'étudiant en psychologie a suivi une trajectoire comparable à celle de Sterchele pour s'imposer en Venise du Nord.

Les Brugeois avaient reçu pour mission de réaliser un neuf sur neuf après leur élimination de la Coupe UEFA contre Brann Bergen. Jusqu'ici ils ont obtempéré au mot d'ordre de leur direction. En gagnant au Brussels et contre Dender. Reste le plus gros morceau : ce dimanche à Genk. Depuis quelques semaines, les Gazelles remontrent des gages de football dominant. Avec un triangle Blondel-Leko-Geraerts stabilisé dans l'entrejeu, et surtout un Wesley Sonck redevenu à une vitesse v-v' le buteur d'avant.

Bien que catastrophique contre Mouscron et Brann Bergen, le Club semble surtout avoir retrouvé une cohésion en perte de balle. Elle n'était pas la seule en cause mais Jacky Mathijssen a peut-être trouvé la formule ad hoc pour sa défense centrale en associant Clement au jeune Jeroen Simaeys.

Après deux saisons chez les Canaris, cet étudiant en psychologie était destiné à prendre, à terme, la relève de Vermant dans le milieu de terrain. Bruges n'avait déboursé qu'un petit 200000 euros pour le débaucher en mai dernier alors qu'on s'intéressait à lui à Sclessin et à Genk.

Depuis une montée au jeu à Malines et une première titularisation au Standard, le 2 septembre dernier, il n'a plus loupé une seule minute de jeu. Pas certain qu'il s'attendait à jouer d'emblée autant chez un candidat au titre que dans son ancienne équipe qui luttait pour le maintien.

Équipier de Sterchele... à Leuven

Les plus pressés l'ont déjà comparé à Timmy Simons. Comme le joueur du PSV qui était arrivé en Venise du Nord en provenance de Lommel, Simaeys est un Brabançon flamand qui a fait un crochet par le Limbourg (Saint-Trond) pour atterrir à Bruges. Comme le capitaine des Diables rouges, Simaeys joue avec autant de bonheur en défense que dans l'entrejeu, d'où il marque lui aussi assez naturellement (5 buts lors de sa première saison en D1 et 4 lors du défunt exercice, 1 but avec Bruges contre le Brussels). Lui-même préfère calmer le jeu : «Je n'atteins pas la cheville d'un gars comme Simons. Si moi, après quelques matches, je n'arrivais plus à garder les pieds sur terre, Bruges n'aurait plus aucun joueur... Ils pourraient tous se promener dans les nuages».

Conjoncture favorable

À seulement 22 ans, ce gaillard imposant (88 kg pour 1m93) n'oublie pas que sa carrière vient seulement de commencer. Il y a trois saisons, il n'était jamais que l'équipier d'un certain François Sterchele à Oud-Hervelee Leuven, en D3. Les plus pragmatiques noteront qu'il ne doit pas qu'à sa polyvalence d'avoir fait son trou dans sa nouvelle équipe...

Même s'il a tardé à tourner rond, la concurrence est rude dans l'entrejeu du Club, avec les Leko, Geraerts, Englebert et le capitaine Vermant (sans compter les blessés, Daerden et Van Heerden qui a repris en réserves). Seul Blondel y a cependant justifié cette saison le titre d'incontournable. Simaeys a en outre profité de la conjoncture poisseuse qui afflige la défense depuis le mois d'août. Le secteur s'en trouve du coup nettement moins embouteillé. Jugez plutôt. Le transfert vedette, Stepan Kucera, a d'abord dû digérer une fracture à l'orbite oculaire. Le Tchèque s'est ensuite planté à plusieurs reprises, signant lui-même sa mise à l'écart par une prestation catastrophique contre Brann Bergen. Alcaraz et Maertens étant aussi blessés de longue date, il ne restait plus que Valgaeren comme concurrent dans l'axe.

Mais ne boudons pas notre plaisir, Bruges est la seule équipe du top qui compte sur deux Belges en défense centrale, dont l'un, Simaeys, qui a encore tout l'avenir devant lui.