Wallons, comment vous appelez-vous ?

Les communes et localités d'avant fusion n'ont pas toutes donné un nom à leurs habitants. Le spécialiste Jean Germain a besoin de vous. Aidez-le !

Vous êtes valborsetin? Lupipontain? Notez, si vous n'habitez ni Vaux-et-Borset, ni Pont-de-Loup, rassurez-vous, vous avez vous aussi droit à un gentilé. Le gentilé, c'est simplement le nom collectif des habitants d'une localité.

Un répertoire des gentilés, correspondant aux communes francophones belges d'avant la fusion, sera publié en mars. Jean Germain, l'un des spécialistes wallons des noms de lieu et des noms de famille, en est l'auteur. Mais il compte sur vous pour amender et corriger sa liste.

Jean Germain, pourquoi ce besoin de lister les gentilés ?
La société actuelle en fait un usage croissant. Récemment, on en a ainsi vu fleurir en Wallonie dans les appellations de bières artisanales locales. Sur internet, cela peut devenir désormais un surnom dans une adresse de site, un blog ou sur e-bay. Il y a aujourd'hui plus de gentilés qu'il y a un siècle. Les créations se font désormais en français, non plus en wallon. Et ils appartiennent essentiellement au registre de l'écrit. Le recours à l'informatique et aux traitements de texte, avec correcteurs orthographiques, a créé le besoin de fixer la forme de ces gentilés. Plusieurs demandes en ce sens me sont parvenues, en ma qualité de secrétaire de la Commission royale de Toponymie et de Dialectologie.

Vous avez été amené à créer certains gentilés. Ce qui signifie que les habitants de certaines communes n'avaient pas de noms. Pourquoi ?
La difficulté de dérivation, le manque d'euphonie, la complexité du nom, la concurrence d'un blason populaire : ce sont les causes principales. Sont surtout concernés les noms de communes très brefs (My, Ny, Ere, etc.), les noms très longs ou composés de plusieurs éléments, comme Sainte-Marie-sur-Semois, Chaussée-Notre-Dame-Louvignies...

Comment avez-vous procédé pour inventer de nouveaux gentilés pour les habitants sans nom? Délicat, non ?
On distingue deux cas. Lorsque la formation du gentilé ne pose pas de problème, nous le proposons comme forme possible, avec un astérisque. Par exemple, Balâtrois pour Balâtre, Baisytois pour Baisy-Thy, etc. Pour ce faire, on a procédé à une analyse des formes attendues en fonction de la finale du nom de la localité. Mais si le nom est trop complexe, c'est plus délicat. Comme il n'est pas impossible que les habitants de cet endroit soient vexés de ne pas être nommés, nous avons tenté l'expérience en affectant ces formes créées d'un double astérisque. Ceux-là sont donc plus aléatoires.

Et si les habitants ont connaissance d'un gentilé qui vous a échappé ou qu'ils n'aiment pas celui que vous proposez ?
J'attends qu'ils réagissent et qu'ils corrigent. Nous attachons une grande importance à la validation de ces gentilés par les habitants de l'endroit. C'est une garantie de réussite.

+ Retrouvez la liste complète dans Vers l'Avenir, L'Avenir, Le Jour, Le Courrier de ce mercredi 24 octobre.

(Interview : Pascale SERRET)

 

Et vous, quel est votre gentilé ? Quel est le nom des habitants de votre localité ?