Médecine

Le robot au coeur des opérations

Le robot au coeur des opérations

Les robots amplifient et précisent le geste du chirurgien. Comme Erasme, de plus en plus d'hôpitaux s'équipent. (Photo Intuitive surgical)

Le robot devient l'assistant privilégié du chirugien pour les opérations délicates. On en compte deux à Bruxelles et... douze en Flandre. Gros plan.

Au-dessus du patient allongé sur le billard, quatre bras articulés effectuent l'opération cardiaque avec une précision qui n'usurpe pas l'épithète «chirurgicale». Un bras est doté d'une caméra. Les trois autres pénètrent dans la cage thoracique par un point fixe. À leur bout, pinces, scalpels qu'une infirmière peut changer selon le besoin du médecin.

Dans la salle, plusieurs écrans permettent de suivre l'opération. Le chirurgien, lui, est à trois mètres de la table. Installé à un pupitre, les yeux vissés dans un binoculaire qui restitue une image 3D parfaite. Ses mains manipulent les joysticks comme si les bras du robot télémanipulateur étaient le simple prolongement des siens. Entre son geste et celui de la machine, une fraction infime de seconde. Question de vie.

Le chirurgien est à trois mètres de son malade mais il pourrait tout aussi bien opérer à l'autre bout de la terre. La robotique en médecine a été initiée, comme beaucoup d'autres technologies, par les militaires. L'armée américaine souhaitait tenir ses meilleurs praticiens à l'écart du front des combats.

Depuis, la robotique médicale a investi le domaine civil. Où elle est en train d'exploser. À l'heure actuelle, on compte 720 robots chirurgicaux dans le monde, dont 130 en Europe. En Belgique, un exemplaire de dernière génération (Da Vinci S) vient d'être installé à l'hôpital Érasme de Bruxelles.

À deux vitesses

Coût : 1,35 million d'euros. Il s'agit du deuxième appareil opérationnel dans la capitale de l'Europe. Il n'y en a aucun, pour l'instant, en Wallonie. Mais la Flandre en possède déjà une douzaine, dont quatre «dernier cri», installés ces derniers mois. Le seul hôpital d'Alost dispose d'une paire. En médecine aussi, on constate que la Belgique avance à deux vitesses!

On peut très bien opérer sans cette technologie coûteuse, certes. Mais le robot amplifie et précise le travail du chirurgien. La précision de cet outil permet des gestes impossibles à effectuer sans les articulations de ses bras, explique le professeur De Cannière, chef du Service de chirurgie cardiaque d'Érasme. Le robot est utile, notamment, pour opérer dans des endroits peu accessibles, comme les opérations coronaires et valvulaires qui nécessitaient d'ouvrir le sternum. Avec le robot, quatre incisions suffisent. L'intrusion est limitée, et donc les dommages et risques de complications dûs aux manipulations. Les hospitalisations sont plus courtes. Les coûts sociaux réduits.

C'est surtout en urologie que la robotique chirurgicale a le vent en poupe. «Nous avons visé le coeur et nous avons atteint la prostate» aime à dire Lonnie Smith, président d'Intuitive Surgical, société qui a conçu le système il y a dix ans pour traiter les pathologies cardiaques et occupe une position autant dire monopolistique du marché. Aujourd'hui, aux États-Unis, 60 % des prostatectomies (ablation de la prostate) sont réalisées par un robot. Mais d'autres applications se développent, en gynécologie, chirurgie digestive ou ORL (cancers de la gorge) ou encore en pédiatrie.

+ Prolongez l'info dans Vers l'Avenir, L'Avenir, Le Jour, Le Courrier de ce mercredi 24 octobre.