Fourniret et Olivier : deux monstres, un procès

Fourniret et Olivier : deux monstres, un procès

Monique Olivier formait un couple monstrueux avec Michel Fourniret. Le procès devra répondre à la question de savoir comment en arrive-t-on à de pareilles atrocités? (photo Reuters)

Le procès du tueur en série présumé Michel Fourniret et de sa femme s'ouvrira le 27 mars 2008 devant les assises de Charleville-Mézières.

Hier après-midi, les familles des victimes du couple Fourniret-Olivier et leurs avocats ont été reçus au palais de justice de Charleville-Mézières où la date officielle du procès en assises leur a été annoncée officiellement par Eric Enquebecq, le procureur général de la Cour d'appel de Reims.

On sait maintenant que ce procès, qui a été reporté plusieurs fois, débutera le 27 mars 2008 et qu'il durera deux mois. L'horaire des trois premières semaines est déjà programmé : du lundi au jeudi, de 10 à 12h et de 14 à 18h. Les dossiers criminels seront abordés par la Cour, par ordre d'ancienneté des faits. Ce procès, aura une couverture médiatique semblable au procès Dutroux, si ce n'est qu'il n'a pas fallu construire un nouveau palais de justice pour la cause. Celui de Charleville étant plutôt étriqué, la salle des pas perdus sera transformée en espace presse, avec des écrans et une sonorisation pour permettre aux nombreux représentants de la presse française et internationale de ne pas perdre le moindre détail de toutes les phases des audiences.

Un chapiteau sera dressé sur l'esplanade du palais de justice pour que le public puisse également suivre le procès en direct, sur écran géant. Les places assises de la salle d'audience, seront réservées aux familles des victimes et à quelques journalistes accrédités. Un premier substitut du parquet général de Reims assurera le rôle de magistrat presse, soit un rôle identique à celui du substitut Philippe Morandini au procès Dutroux.

Hier la plupart des familles des victimes ont évité le contact avec la presse. Une cousine belge de Jeanne-Marie Desramault, Mme Jenny Brouckaert, a annoncé que Henri Desramault, le papa de la victime, sera présent malgré ses 85 ans et sa santé précaire. «Il veut être là, même s'il faut qu'on le porte et pour lui, il ne devrait y avoir qu'une seule issue au procès de Fourniret : la peine de mort». Mme Brouckaert a aussi confié son sentiment sur la nécessité de dire l'entièreté de la vérité aux familles des victimes. A propos du rôle joué par Monique Olivier, elle n'a pas mâché ses mots : «Pour moi elle est aussi coupable que Fourniret, elle avait le pouvoir de tout arrêter, elle n'a rien fait».

Francis Brichet, le papa d'Elisabeth n'a pas dit grand-chose à son entrée au palais de justice : «Je reste opposé à la peine de mort, mais je souhaite que Fourniret passe le reste de sa vie en prison»

Sandra Noirot, qui avait failli être enlevée par Fourniret dans la gare de Gedinne était fort stressée, elle a préféré laisser le soin à son avocat Dinantais, Me Dominique Remy, de répondre aux nombreuses questions de la presse.

Celui-ci a d'ailleurs communiqué de nombreux détails pratiques sur ce que sera ce fameux procès dont on se demandait s'il ne serait pas encore retardé suite à récente requête de Fourniret, qui voudrait confier des détails qui se rapportent aux dossiers de disparition qui concernent Marie-Angèle Domece, Johanna Parish et Estelle Mouzin, trois autres disparues françaises qui pourraient avoir aussi croisé le chemin de l'ogre des Ardennes. Hier les autorités judiciaires française ont été formelles, la requête de Fourniret est à l'examen devant la chambre de l'instruction de Reims et quoi qu'il en soit, la date du 27 mars sera maintenue.

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