Un laser qui va vous ouvrir les yeux

Le nouveau laser travaille au femtoseconde (photo Belga)

Une nouvelle technologie rend désormais l'utilisation de scalpels superflue lors de certaines opérations aux yeux. Le laser effectue l'incision, sans lame, ce qui rend l'intervention plus précise et provoque moins de complications.

En Belgique, la nouvelle technique de laser "Femto-LASIK" est utilisée depuis quelques mois par le centre spécialisé Brussels Eye Doctors. "Lors des chirurgies réfractives des yeux, les lasers sont utilisés depuis longtemps", a expliqué mardi le Dr Jérôme Vryghem.

Ces interventions ont pour objectif la correction chirurgicale de la vue. Huit millions de personnes y ont déjà eu recours dans le monde, dont notamment le formateur Yves Leterme l'année dernière. "Actuellement, le LASIK (Laser in situ keratomleusis) est la technique la plus courante", insiste le médecin.

Lors des interventions au LASIK, un volet (flap) tissulaire est d'abord créé au moyen d'un fin couteau, le laser étant ensuite utilisé pour retailler la cornée. La nouvelle technologie, le "Femto-LASIK" permet d'éviter le recours au couteau, le volet étant créé par un laser femtoseconde par photo disruption.

Un femtoseconde? Cette très, très courte durée équivaut au quadrillionième d'une seconde, c'est-à-dire un millionième de milliardième de milliardième de seconde. Ou si vous préférez: 0,000.000.000.000.000.000.000.001 seconde.

Les impulsions lasers dirigées "désagrègent chaque femtoseconde le tissu cornéen au niveau moléculaire", note le Dr Vryghem. "L'avantage est le risque moins important de complications (petits trous dans le volet, volet trop petit...) lors de l'opération. Le laser est plus précis et permet de mieux contrôler l'épaisseur du volet", ajoute-t-il.

Le centre Brussels Eye Doctors, du Dr Vryghem, utilise la nouvelle technique "Femto-LASIK" depuis un an et a acquis, en juin dernier, un Laser Femtoseconde de dernière génération. Selon Van Hopplynus Ophtalm, représentant de cette technique en Belgique, deux autres centres ont déjà marqué leur intérêt.

 "L'appareil n'est pas bon marché, environ 400.000 à 500.000 euros, ce qui rend évidemment aussi le traitement plus cher", reconnaît le Dr Vryghem, précisant que ce traitement n'est pas encore remboursé.