L'appel désespéré de McLaren gâche un peu la fête

L'appel désespéré de McLaren gâche un peu la fête

Une pluie de critiques s'abat sur la démarche de Hamilton et McLaren. (photo Reuters)

Punie financièrement en cours de saison , exclue du championnat constructeurs et battue pour le titre pilotes, McLaren n'a pas dit son dernier mot.

L e titre de Kimi Raikkonen est-il en sursis? Il est en tout cas en suspens. Mais franchement, on n'ose imaginer qu'un verdict sur tapis vert sanctionne la saison. Cela laisserait vraiment planer un parfum nauséabond sur une F1 déjà pas épargnée ces derniers mois.

Même Fernando Alonso, le champion déchu, estime d'ailleurs qu'un éventuel sacre de son équipier Lewis Hamilton, qui pourrait récupérer la couronne pilotes dans ces circonstances, serait «une honte».

Il n'empêche : il y a bien eu une enquête de la Fédération internationale de l'automobile (FIA), dimanche soir à Interlagos, un verdict - aucune pénalité - et, du coup, un appel de McLaren-Mercedes. Ce dernier sera étudié par la Cour d'appel internationale de la FIA à une date encore indéterminée. En attendant sa conclusion, le titre mondial de Kimi Räikkönen (Ferrari) est donc toujours à considérer au conditionnel.

De quoi s'agit-il au juste? Les «gris» reprochent à Williams (Rosberg, 4e) et BMW-Sauber (Kubica, 5e, et Heidfeld, 6e) d'avoir enfreint le règlement sur l'essence lors du Grand Prix du Brésil, dimanche.

Tout sauf un détail, car si les pilotes BMW Sauber et Williams sont sanctionnés, le titre mondial pourrait revenir à Hamilton qui a terminé 7e à Sao Paulo, derrière eux, et qui cumulerait assez de points pour devancer Raikkonen en cas de déclassement des Rosberg, Kubica et Heidfeld. Pour autant, bien sûr, que le Britannique récupère les points de l'éventuelle 4e place. Réaliste? Pas vraiment. Comment imaginer, en effet, la FIA donner raison à McLaren après tout ce qui s'est passé cette saison. Si sanction il doit y avoir, soit elle ne concernera vraisemblablement que le team et pas les pilotes, soit elle sera plutôt financière : le sport y gagnera et la tirelire de la Fédé aussi.

Pour de l'essence trop froide

L'enquête avait été déclenchée parce que «la température de l'essence injectée dans les voitures 9 (Heidfeld), 10 (Kubica), 16 (Rosberg) et 17 (Kazuki Nakajima) était inférieure de plus de dix degrés (de -13 à -14) à la température ambiante».

Or, le règlement interdit que l'essence soit trop réfrigérée car son volume diminue avec la température et le froid améliore les propriétés du carburant.

Dans un premier temps, la FIA avait décidé de ne pas infliger de sanction car «il y a suffisamment de doutes sur la température de l'essence à bord des voitures ainsi que sur la température ambiante pour qu'il soit impossible d'infliger une pénalité».

Une clémence pas du goût de McLaren, en guerre avec la FIA depuis l'histoire d'espionnage, et dont cet ultime sursaut a des relents de (vaine?) vengeance.

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