Congé de maternité? Alors, prière de ne pas siéger au conseil communal. C'est à peu près ça. Et si on laissait les femmes choisir?

E milie est née le 20 avril dernier. C'est un premier bébé pour Diana Nikolic. La jeune Liégeoise en est aussi à son premier mandat de conseillère communale. «Je ne serais pas venue au conseil communal du 24 avril, sourit-elle. Mais quand je suis venue montrer mon bébé aux autres conseillers, en juin, j'étais frustrée de ne pas pouvoir rester. Le papa pouvait très bien prendre le relais», ajoute la conseillère libérale.

Si elle ne peut rester ce soir-là au conseil communal, c'est parce que les jetons de présence, versés aux conseillers, sont incompatibles avec les indemnités Inami du congé de maternité. «Je m'étais renseignée auprès du secrétaire communal. Qui tombait un peu des nues, d'ailleurs. On s'est renseigné chacun de notre côté.» La loi oppose bel et bien les deux types de revenus. Ce qui n'est pas le cas pour d'autres revenus de remplacement comme les allocations de chômage ou les indemnités liées à une incapacité de travail.

Faire un choix, alors? Diana ne peut pas renoncer aux jetons de présence si elle veut siéger. Elle s'est renseignée. Mais elle pouvait par contre renoncer aux indemnités de maternité. Et vivre, pendant son congé de maternité, avec les jetons? «Les jetons de présence, ça va de 33 à 150 €. Ce qui ne permet pas de renoncer à l'indemnité de maternité», rappelle Kattrin Jadin, députée fédérale MR et conseillère communale à Eupen. «Ce n'est en effet pas avec ça que j'allais payer les couches», ironise Diana Nikolic. Une autre conseillère communale liégeoise, Veronica Cremasco (Écolo), s'est retrouvée dans la même situation.

Cette incompatibilité entre jetons de présence et indemnité Inami s'impose aussi aux conseillères provinciales et aux conseillères de l'aide sociale. «C'est discriminant, assure Kattrin Jadin. «Surtout si on veut rajeunir et féminiser la classe politique», renchérit Diana Nikolic.

Du coup, Kattrin Jadin a déposé une proposition de loi permettant de laisser siéger les conseillères communales pendant leur congé de maternité. «On a reçu un mandat de la part des électeurs. Ce n'est quand même pas rien», rappelle Diana Nikolic, remplacée par le premier suppléant de la liste pendant son congé. L'idée serait de laisser le choix à la mandataire : siéger ou ne pas siéger pendant son congé de maternité.

La proposition de loi, prise en compte en séance plénière, devrait être relayée en commission des Affaires sociales la semaine prochaine. Prévisions pour l'éventuelle concrétisation? «J'aurais tendance à dire... neuf mois», conclut Kattrin Jadin.