Vous avez vu comment ça s’est passé, le divorce des Sarkozy? Ils ont tout fait en cachette. Ilsn’ont rien à dit à personne. En France, les médias étaient muselés, personne n’osait lâcher le morceau. C’est àl’étranger qu’on posait clairement les questions, qu’ondonnait les signaux d’alerte.

Et si c’était la même chose pour la Belgique. Et si, à l’insu de tous, durant leurs interminables conclaves, les négociateurs étaient en train de négocier le divorce si redouté et fantasmé entre Flamands et Francophones. Trop le nez sur l’événement, la presse nationale n’aura rien vu venir, trompée durant des semaines par des déclarations fragmentaires et des accords factices.

Comme pour les Sarko, c’est dans les médias étrangers qu’on aura vu clair. Alors peut-être qu’un de ces soirs, comme lors de la soirée-fiction de la RTBF, on va voir les programmes de télé s’interrompre. Yves Leterme se présentera, solennel, derrière un petit pupitre pour annoncer la «séparation par consentement mutuel» des deux entités. Le mot «divorce» sera soigneusement évité, pour ménager les cardiaques.

La presse mondiale fera ses choux gras de l’événement. Le président Khadafi dira sa grande tristesse. Ensuite viendront des déclarations fatalistes, façon Cécilia hier: «on a tout essayé», «on a essayé de rebâtir mais ce n’était plus possible», «ce qui nous arrive est arrivé à des millions de gens». On rappellera la petite phrase prémonitoire de Leterme: «Joëlle est mon seul souci». Sommée d’en dire plus, la Flandre avouera enfin «être tombée amoureuse!». Amoureuse d’elle-même en fait…