L'UE adopte son traité de réforme

Au bout de plusieurs mois de renégociation du texte, les chefs d'Etat et de gouvernement se sont mis d'accord. Jose Manuel Barroso s'en félicite. (photo Belga)

L'Union Européenne a accouché la nuit passée du traité de Lisbonne. Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE ont approuvé ce traité de réforme de l'UE qui remplace le projet de Constitution européenne. Un "accord historique" selon Jose Manuel Barroso.

Réunis à Lisbonne, les chefs d'Etat et de gouvernement ont surmonté les derniers blocages politiques en répondant aux préoccupations de l'Italie et de la Pologne. A la première, ils ont accordé un siège supplémentaire au Parlement européen, afin d'apaiser une polémique qui avait enflé dans la péninsule au sujet de la perte d'influence par rapport à la France et au Royaume-Uni.

Le Parlement sera finalement composé de 751 députés au cours de la prochaine législature (2009-2014). L'Italie y enverra 73 élus, de même que le Royaume-Uni. La France aura 74 sièges. Cette répartition devra être revue au moment de l'adhésion de la Croatie à l'UE.

Pour répondre au problème de la Pologne, les 27 ont joint au traité une déclaration détaillant le mécanisme dit de Ioannina, qui permet à un pays mis en minorité de suspendre provisoirement une décision jugée contraire à un intérêt vital. Ils ont même prévu que cette déclaration ne pourra être révoquée que par une décision unanime des Etats membres.

Réforme lancée en 2001

Le Premier ministre portugais, José Socrates, qui a présidé le dernier tour de négociations, s'est félicité de la naissance du "traité de Lisbonne". Le texte sera signé dans la capitale portugaise le jeudi 13 décembre. Le même jour, les chefs d'Etat et de gouvernement doivent se retrouver à Bruxelles pour leur traditionnel sommet de décembre.

Le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, a quant à lui salué un "accord historique", qui met un terme à six années de tractations institutionnelles. Lancée par la déclaration de Laeken en 2001, la réforme de l'UE a échoué une première fois avec le rejet de la Constitution par référendum en France et aux Pays-Bas, en 2005.

Peu de référendum

Le traité réformateur, ou traité de Lisbonne, doit maintenant être ratifié dans les 27 Etats membres. La grande majorité des gouvernements se garderont de convoquer un référendum afin d'éviter cette fois les mauvaises surprises. Seule l'Irlande a jusqu'à présent annoncé la tenue d'une consultation populaire, tandis qu'au Royaume-Uni, le Premier ministre Gordon Brown compte présenter le texte aux communes, malgré une campagne intense de l'opposition en faveur du référendum. (Avec Belga)