Santé

Sus à l'obésité mais comment ?

Sus à l'obésité mais comment ?

(photo Reuters)

L'obésité risque de devenir la menace sanitaire principale en Europe. Pour l'endiguer, certains règlementent; chez nous, on argumente.

Pour le commissaire européen à la Santé, Markos Kyprianou, c'est «la principale menace sanitaire du XXIe siècle» en Europe. Les chiffres nourrissent l'inquiétude : 38 % des femmes souffrent d'obésité; 27 % des hommes en sont atteints, et 5 millions d'enfants accusent un surpoids.

Comment endiguer le phénomène, en expansion? Le Parlement européen a vécu hier ses premières «Rencontres européennes sur la lutte contre l'obésité», sous la présidence de Frédérique Ries : notre compatriote est l'auteur d'un rapport en la matière, adopté le 1er février par ses collègues. Le document réclame un effort accru d'information des consommateurs; la promotion d'une alimentation saine et d'une activité physique dès l'enfance; et la reconnaissance de l'obésité comme une maladie.

«Il faut aussi "brider" un marketing trop agressif» souligne Frédérique Ries : une étude de l'association française des consommateurs «UFC Que choisir?» montre qu'en 2006, plus de 89 % des spots publicitaires concernaient des produits non équilibrés.

Certains pays taxent les publicités pour les produits trop gras ou trop sucrés; d'autres exigent un étiquetage plus sévère

Pas de gâteau au beurre après le «light»!

«Chez nous, c'est la Réglementation européenne sur les compositions nutritionnelles et les allégations en matière de santé qui s'applique» détaille Bernadette Pirsoul, en charge du secteur «Alimentation» au CRIOC (Centre de recherche et d'information des organisations de consommateurs).

Le filet est neuf : cette réglementation n'est applicable que depuis le 1er juillet dernier. Il n'est pas hermétique, «car s'il impose par exemple aux produits "light" de montrer un apport énergétique inférieur de plus de 30 % aux produits de référence, et s'il exige des études scientifiques pour prouver le bien-fondé de certaines substances - les fameux Omega 3 par exemple - il existe de nombreuses études, dont les résultats sont souvent contradictoires.»

Il faut surtout éduquer le consommateur, professe Bernadette Pirsoul, «car ces "produits miracles" doivent s'inscrire dans une démarche cohérente : rien ne sert de consommer une margarine "light" si c'est pour s'envoyer ensuite une bonne tranche de gâteau au beurre!».

Cette voie de l'éducation, le ministère fédéral de la Santé, et les ministères communautaires concernés l'ont empruntée l'an passé avec le «Plan national Nutrition-Santé», «qui recommande une alimentation plus équilibrée, et encourage l'activité physique». Défendu «d'une seule voix, ce qui est rare, par tous les niveaux de pouvoir concernés», ce Plan devra être évalué, «ce qui suppose des moyens budgétaires». Le temps qu'un gouvernement fédéral se mette en place pour les octroyer, et le moment sera venu de mesurer les premiers résultats.