Quille lombarde pour Monfort

(photo Belga)

Fort d'une excellente Vuelta et d'un mondial exemplaire, Maxime Monfort vise un top 10 sur le Tour de Lombardie, la der de la saison 2007.

Dimanche dernier, Maxime Monfort a engrangé les kilomètres en conditions de course sur Paris-Tours, qu'il a terminé à la 79e place. Ce parcours, ce n'est évidemment pas sa tasse de thé. Les bosses y sont trop courtes pour qu'il puisse s'y exprimer, comme il avait pu le faire sur le Tour d'Espagne.

«Effectivement, analyse Maxime lucidement. Sans longues côtes, j'avoue que je n'ai pas retrouvé mes sensations de la Vuelta. De quoi parfois amener des doutes sur ma condition de cette fin de saison. Puis je me suis fait une raison : sur Paris-Tours et le mercredi précédent sur Paris-Bourges, on trouve beaucoup de monde sur des difficultés où il faut plutôt sprinter.»

Pas le truc du citoyen de Cagnes-Sur-Mer, qui se frotte les mains en vue du Tour de Lombardie de ce samedi, entre Varèse et Côme, où les difficultés réclament davantage des atouts que Monfort a développé lors de sa dernière Vuelta.

«C'est à tel point, sourit-il, que je me réjouis de me retrouver au pied des côtes répertoriées. Je peux décemment viser un top 10 ou un top 20. D'autant que j'aurai ce qu'on appelle quartier libre de la part de Cofidis, vu l'absence de Chavanel. Avec Duque, qui marche bien en ce moment, on sera protégé.»

Monfort avoue dans la foulée se sentir bien au sein de la structure Cofidis. D'autant que le séisme Tour de France (avec le contrôle positif de Moreni) est digéré, complètement.

«Psychologiquement, j'étais dans le trente-sixième dessous, se souvient Maxime, d'autant que l'équipe avait alors décidé de se retirer du Tour de France et du Tour de Wallonie, pour lequel j'étais prévu. Mais, heureusement, tout s'est rapidement enchaîné ensuite, avec le Tour d'Allemagne, la Vuelta et le mondial de Stuttgart. Je peux dire que c'est dans le vélo que je me suis refait une santé morale, alors qu'en juillet, j'aurais voulu tout arrêter.»

Objectif Tour de France et Pékin

Malgré un manager général dont on dira qu'il est peu bavard, ce qui, parfois, peut poser des difficultés à certains coureurs pour leur évaluation, Maxime a trouvé sa vitesse de croisière. Et avec l'assurance de le faire jusqu'à 2008, après une prolongation d'un contrat signé en novembre 2006. «Je ne retiens qu'une chose, poursuit le coureur wallon, c'est que je me sens bien aux côtés de mes équipiers, des directeurs sportifs et de l'encadrement technique et médical. Après ma Vuelta, les gens de Cofidis étaient un peu étonnés de ma performance. Ils m'ont tous félicité.»

Sans doute a-t-on compris chez Cofidis que Monfort se révèle depuis cette saison comme un véritable coureur de tour. Qu'il mérite assurément sa place au Tour de France, même si les tickets y sont toujours aussi onéreux. D'autant que cette Grande Boucle 2008 reste dans les limites de l'Hexagone et que les contraintes commerciales de l'employeur imposent déjà d'aligner sept coureurs français.

«C'est donc compliqué pour les autres, analyse Monfort. Mais, bon, on ne va pas déjà songer à ce rendez-vous de juillet prochain. Cela ne m'obsède pas. Je me dis que si j'ai le niveau à ce moment-là, j'aurai toutes mes chances.»

Et, qui sait, un bon Tour de France peut alors déboucher sur une sélection aux JO de Pékin, où cinq strapontins doivent être attribués par le sélectionneur national Carlo Bomans.

En attendant, après ce Lombardie, Maxime prendra quelques vacances en Tunisie, avant de se ressourcer ensuite dans la maison familiale de Nadrin. Fin novembre, il sera toujours temps de reprendre le collier. D'abord pour un stage «administratif» à Amiens, puis, plus tard, un stage sportif à Montpellier à la mi-décembre. Une chose est sûre : Maxime ne fera pas le Tour Down Under, préférant Paris-Nice en guise de préparation pour les «Wallonnes» d'avril.