«Roger est un grand Monsieur»

(photo Belga)

Gand se déplace à Anderlecht , dimanche soir. Rencontre avec le truculent Ivan De Witte, président des Buffalos et de la Ligue pro.

Il n'y a pas si longtemps, Ivan De Witte (60 ans) déclarait que Mbark Boussoufa n'irait jamais à Anderlecht et que le Sporting bruxellois était géré comme au Moyen Âge. Depuis quelques semaines, le président de La Gantoise enfile moins souvent son costume de provocateur. Fraîchement élu à la présidence de la Ligue pro pour deux ans, son nouveau statut exige davantage de diplomatie. Mais De Witte n'aura jamais sa langue en poche.

Ivan De Witte, sommes-nous face à un président de Gand satisfait ou frustré ?
Les deux. Je suis satisfait du football proposé par mon équipe et par notre moyenne de spectateurs en hausse de deux mille unités par rapport à la saison passée. Je suis aussi fier d'avoir refait de Gand un club sain. En 2000, on avait encore 23 millions d'euros de dettes. Je suis par contre frustré par notre dixième place au classement alors que nous méritions quatre points de plus contre le GBA et Roulers. Mais je continue à viser une place européenne en fin de saison.

Aller au parc Astrid en étant devant Anderlecht, c'était un rêve pour faire la nique à Roger Vanden Stock ?
Je suis un provocateur dans l'âme. J'aime provoquer pour faire bouger les choses. C'est mon style. Mais j'ai parfois dépassé les limites. Ce fut le cas quand j'ai déclaré qu'Anderlecht était géré comme au Moyen Âge. Depuis, j'ai présenté mes excuses à Roger Vanden Stock. Quand j'ai prétendu que Boussoufa n'irait jamais à Anderlecht, il y avait une bonne partie de bluff dans mes déclarations. Roger Vanden Stock m'a pardonné puisque c'est lui qui m'a demandé d'être président de la Ligue pro. C'est la preuve que c'est un grand Monsieur. C'est le président de D1 que je respecte le plus.

Et Trond Sollied, l'entraîneur de D1 que vous admirez le plus ?
Trond Sollied est un ami. Je suis psychologue de formation et j'apprécie tout particulièrement son côté mystérieux et psy. Trond excelle dans l'art de manipuler son entourage pour en retirer le maximum. Il est proche de ses joueurs et les tire vers le haut. Mais tout en parvenant à garder avec eux une distance nécessaire. Du grand art.

Du grand art qui se paie très cher...
Trond Sollied gagne bien sa vie, mais ce n'est pas le coach de D1 le mieux payé comme le prétendent certains. Par contre, le staff technique qu'il nous a imposé est bel et bien le plus cher de Belgique. Pour répondre à ses desiderata en la matière, nous avons dû dépasser quelque peu les limites budgétaires de Gand.

Le nom de Sollied est cité dans les coulisses du parc Astrid. Pensez-vous que le Norvégien coachera Anderlecht la saison prochaine ?
Pourquoi pas ? Cela dit, ce n'est pas clairement stipulé dans son contrat, car la loi nous l'interdit, mais nous avons convenu que lorsque Trond Sollied quittera Gand, ce ne sera pas pour un autre club belge. Trond restera chez nous jusqu'en fin de saison mais, ensuite, il s'en ira. C'est déjà un miracle qu'il soit revenu à Gand. J'ai dû être très convaincant cet été car il n'avait pas du tout envie de revenir. Après avoir été champion avec Bruges et l'Olympiakos, il aurait préféré attendre tranquillement une offre d'un grand club.

L'an dernier, Alin Stoica était revenu au premier plan grâce à Gand. Mais le Roumain grimace à nouveau...
La saison passée, Georges Leekens lui donnait la confiance dont il a besoin. Mais Trond Sollied n'est pas Leekens. Il est plus distant. Et comme Stoica a une personnalité au moins aussi difficile à cerner que notre entraîneur, on ne peut pas dire que le courant passe à merveille. Alin Stoica ne se sent pas bien à Gand pour le moment. J'aimerais qu'il reste, mais son avenir chez nous s'annonce difficile. On ne peut pas gérer à long terme un Stoica réserviste. Il faudra faire le point en janvier.

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