Petite enfance

Les parents risquent de casquer

Les parents risquent de casquer

Bernard Kottong s'attend à des faillites de structures d'accueil des enfants, et à une flambée des prix. (photo EdA)

Payer jusqu'à 35 € par jour d'accueil d'un bambin? Fermer des maisons d'enfants pour éviter la faillite? C'est le spectre agité par la Fedaje.

«Que vaut-il mieux? Gagner pl us et perdre son boulot dans six mois, ou un peu moins mais en assurant la survie de la structure qui vous occupe?»

Bernard Kottong, président de la Fédération des associations d'accueillantes de jeunes enfants (Fedaje) tire la sonnette d'alarme : si les nouveaux barèmes des puéricultrices devaient s'appliquer aux structures d'accueil non subventionnés par l'ONE, on assisterait à des pertes d'emploi et des faillites de maisons d'enfants, halte-garderies, associations de coaccueillantes et autres farandolines.

Le noeud du problème? Une nouvelle commission paritaire (CP 332), qui risque d'être applicable à toutes les structures d'accueil, subventionnées ou non. Une avancée sociale que reconnaît la Fedaje. Actuellement, le personnel des structures non subventionnées (apelées injustement «privées») dépend de commisions moins généreuses.

Or, la Fedaje, qui représente les employeurs de 470 structures (soit 13 175 places d'accueil), n'a pas été consultée, et n'a pas été admise comme membre de la Commission paritaire. N'ayant pu s'y faire entendre, elle le fait via la presse.

Augmenter les prix ou fermer des places

«Nos revenus proviennent exclusivement de la quote-part des parents», insiste Bernard Kottong. «Parfois d'aides régionales à l'emploi, sous forme de points APE», précise Delphine Lambotte.

Or, pour une maison d'enfants de 24 places, pour laquelle l'ONE impose minimum 5 équivalents temps plein, dont un mi-temps de direction, la Fedaje a évalué le surcoût des nouveaux barèmes à 20 000 €. «Soit 21 200 € par temps plein au lieu de 17 200€, et ça avec une ancienneté zéro.»

Face à ce surcoût, deux hypothèses.

Soit la structure n'est pas obligée de faire payer les parents selon leurs revenus, et «on risque de voir passer la journée à 32-35 € par enfant, soit 700 € par mois!» Des sommes que plusieurs indépendantes jugent impensables.

Soit la structure, parce qu'elle bénéficie d'emplois APE liés au plan Marshall, doit pratiquer la quote-part proportionnelle aux revenus (avec un maximum de 27 €) et elle risque la faillite. «Sur le grand Mons, je connais déjà neuf structures qui ont annoncé qu'elles fermeront, explique Bernard Kottong. Et en Brabant wallon, une coordinatrice de l'ONE m'a déjà confié ses inquiétudes quant à la survie de structures.»

Entre les deux hypothèses, plusieurs indépendantes nous confient avoir réduit la voilure de leur structure, pour travailler à deux au lieu de trois, ce qui permet la survie. «Mais on ne peut pas continuer à travailler 60 heures semaine pour 500 € par mois», expliquent-elles en souhaitant des aides à la hauteur de l'enjeu.

Et Bernard Kottong de juger inacceptable que les maisons «privées» offrent un quart des places d'accueil en prenant des risques, sans subsides, alors que 91 millions € vont aux milieux subventionnés par l'ONE.

La Fedaje demande donc d'une part qu'un groupe de travail réunisse les ministres Fonck (enfance) et Marcourt (économie), la Fedaje et l'ONE. Et d'autre part que la CP 332 accepte un barème différent pour les milieux d'accueil non subventionnés.

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