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Écolo se met à l'heure présidentielle

Écolo se met à l'heure présidentielle

Jean-Michel Javaux et Isabelle Durant seront reconduits dimanche à la tête d'Écolo. Ils seront "co-présidents". (photo Belga)

Écolo sera désormais dirigé par un duo de présidents. Fini le temps des trios de secrétaires fédéraux. L'heure de la maturité pour les Verts? Analyse.

Écolo se stabilise. Les Verts se normalisent. Pour la première fois de leur hi stoire, ils rééliront sans opposition leurs dirigeants déjà en place. Du jamais vu. Mieux : le trio historique de «secrétaires fédéraux» deviendra un duo de co-présidents. Les heureux élus, tout sourire, Jean-Michel Javaux et Isabelle Durant ont annoncé hier la nouvelle, devant un parterre de journalistes. Ils ont placé leur réélection sous le signe de la maturité.

Crises de nerfs, prises de tête et séances de « stop ou encore » appartiennent au passé. Les scènes de ménage publiques ont coûté chers aux Verts. «L'histoire d'Écolo s'est écrite sur des montagnes russes, avec des hauts et des bas», avoue Jean-Michel Javaux. «En 2003, ce qu'on rencontrait, au mieux, c'était de la condescendance», note Isabelle Durant.

Et les élections de 2004 ne furent guère meilleures. Les comptes du parti plongèrent alors dans le rouge. Il fallut procéder à une restructuration douloureuse. Aujourd'hui, le pire semble être derrière eux. En juin, les écolos ont doublé leur score par rapport à cette période noire, ce lendemain cauchemardesque de participation au pouvoir.

Ces quatre dernières années, des têtes nouvelles sont arrivées. Écolo compterait quelque 10.000 adhérents aujourd'hui. Un tiers d'entre eux sont nouveaux. Le parti vert se targue d'avoir désormais une personne de contact dans chaque commune de Wallonie. Écolo lance aussi une académie verte, destinée à former ses cadres. Et parle, sans gêne, de «professionnaliser» ses militants.

Les Verts ont mûri. «Mais notre parti repose toujours sur les mêmes valeurs, l'écologisme, le féminisme, la société civile, énumère Javaux. Et la personne est au coeur du projet écologique. Avec une solidarité aux moins favorisés et aussi aux générations futures. Les deux, c'est notre spécificité.»

Les Verts tiennent désormais farouchement à leur indépendance. L'histoire des « convergences de gauche », où le PS avait tenté de prendre le contrôle d'Écolo, a laissé des traces. « Nous ne sommes le satellite, la mosquée ou le petit temple d'aucun parti.» Et d'ajouter qu'Écolo se situe à équidistance de tous les partis.

En trente ans, l'écologie est aussi devenue la préoccupation de tous les partis. Surtout depuis qu'Al Gore est passé par là. «On n'est pas inquiets de voir que tous les partis ont quelques idées de développement durable aussi, réplique Javaux. Nous avons un capital savoir sur ces questions que personne n'a et qu'on étoffe sans cesse». Écolo s'est doté d'un centre d'étude où des chercheurs formulent des pistes et des solutions. Un autre pas vers la maturité. Les deux présidents veulent convaincre. Ils ont, comme tous les partis, les élections régionales de 2009 en ligne de mire. «Le temps est compté. On n'a plus cent ans devant nous, prévient Isabelle Durant. Si on ne prévoit rien maintenant, la transition écologique s'imposera d'elle-même. Et elle risque d'être bien plus violente».

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