Conduire mieux pour consommer moins

Conduire mieux pour consommer moins

Anticiper, garder ses distances, avoir le pied léger sur le frein et l'accélérateur, etc. : toute une série d'attitudes qui peuvent faire gagner de l'argent. (photo EdA - Jacques Duchateau)

En adoptant l'écodrive, on peut réduire sa consommation de 10 à 20%. Un demi ou un litre de gagné au cent, ça fait un paquet sur 10.000 km. Explications.

+ Michael Angé, chargé de mission en énergie pour inter-environnement, commente l'incitant écofiscal décidé par la Région wallonne :

Les formations à la conduite économique, l'écodrive, sont dans l'air du temps. Mais n'ont pas atteint la reconnaissance voulue. Cet écolage spécifique ne concerne encore que quelque 300 personnes, sur les 12.500 cours de conduite annuels donnés, par exemple, à l'École Peugeot de Maîtrise automobile, où l'écodrive a été lancé l'an dernier. Intéressant peu les particuliers, ces formations sont surtout l'affaire des entreprises, qui de toute façon constituent désormais la plus grosse partie de la clientèle de l'EPMA.

«C'est un créneau mais surtout pour l'avenir. On n'est pas encore tout à fait dans le contexte», reconnaît Pierre Laoureux, qui a fondé l'école de maîtrise il y a 20 ans. «Les gens ne vont pas d'eux-mêmes suivre les cours. Et les entreprises ne sont pas encore assez conscientes. Elles font plutôt le choix d'un cours de conduite classique mais je pense que cela va changer. On ne peut plus conduire sa voiture comme il y a 20 ans.»

Même constat chez Volkswagen où l'on a débuté les cours d'éco-driving il y a une dizaine d'années déjà, dans le secteur des utilitaires. «Il est vrai que c'est ces derniers temps qu'on a le plus de succès», estime Jean-Marc Ponteville, de D'Ieteren. La pression morale sur le climat et l'environnement est telle qu'il ne fait plus bon polluer. Et le carburant est si cher que personne n'a le coeur à gaspiller.

Or, le gain de consommation est réel. «Entre 10 et 20 %, mais aussi 4 % en temps de conduite, ce qui prouve que rouler à l'économie ne veut pas dire rouler moins vite», poursuit Jean-Marie Ponteville. «Nous faisons des voitures de plus en plus complexes qui permettent de réduire les consommations de 10 à 20 %. Mais en dessous du pied droit, il y a un potentiel d'économie identique.L'objectif est que, en 1 an, le coût du cours d'éco-driving soit remboursé via les économies réalisées.»

Les cours sont donnés dans la circulation. Des instruments de mesure précis (caméras, ordinateurs) permettent de visualiser toutes les données et contraintes mécaniques. Un premier parcours en conduite «habituelle». Un second assorti des conseils.

«On parvient à faire descendre les consommations en dessous des chiffres constructeurs, dont on sait qu'ils paraissent souvent optimistes», promet Pierre Laoureux. Et l'économie de carburant n'est pas tout. En roulant «propre», on évitera aussi d'user plaquettes ou pneus. On diminuera donc les frais d'entretien.

Pour une entreprise employant des dizaines de chauffeurs, qui parcourent des milliers de kilomètres, le potentiel d'économie n'est pas négligeable. Autant que peuvent l'être en terme de sécurité (et d'accidents évités) des cours de maîtrise qui, eux aussi, ont considérablement évolué. Si il y a 20 ans, l'EPMA apprenait aux conducteurs à doser un freinage ou à contrôler un dérapage, il est question désormais de prise de conscience. Des distances, du temps de réaction, de la nécessité d'anticiper. On parle conduite défensive. Pas si éloignée, dans les conseils donnés, de la conduite économique.

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