Quand Weber met «Cyrano» au régime...

Le héros de Rostand joué au Centre culturel d'Uccle par Jacques Weber, dans une version dégraissée, simplifiée, plus intimiste.

À votre droite, côté jardin, le Cyrano d'Edmond Rostand, la version intégrale telle que nous la connaissons tous, telle qu'elle a toujours été représentée. À votre gauche, côté cour, le même Cyrano, cette fois dans une version revisitée, épurée, allégée. Un «dégraissement» signé Christine Weber, et interprété par celui qui le connaît mieux que quiconque, lui pour qui le sieur de Bergerac reste le rôle de prédilection : Jacques Weber.

«Il y avait la version symphonique, voici maintenant la version "musique de chambre", plus intimiste», expliquait le comédien lors de la conférence de presse de rentrée du Théâtre Actuel, au Centre culturel d'Uccle où il se produira les 24, 25 et 26 octobre prochains.

Entre Jacques et Cyrano, c'est donc une longue et belle histoire. «Petit à petit, ce parcours m'a donné la sensation profonde d'un compagnonnage, d'un vieillissement avec un bon vieux camarade», poursuit Weber. «Et j'ai eu envie de le revisiter. Mais attention! Il ne s'agit pas d'un florilège. J'espère au plus profond de moi-même, ne pas être un vieil acteur qui vient refaire ses grandes tirades... » Loin de là.

L'idée lui est venue d'une représentation de Carmen de Peter Brook. «Un des plus beaux spectacles que j'aie vus dans ma vie.» Brook qui avait dégraissé l'oeuvre, qui en avait enlevé l'orchestration d'époque, ne laissant qu'un piano. «Et des gens qui chantaient bien mais qui n'étaient pas des chanteurs d'opéra.»

Weber décidait alors d'appliquer la méthode à Cyrano : «Raconter à nouveau l'histoire, en respectant l'envie qu'on a tous, de retrouver ces grands moments qui nous ont émus, enflammés. Et ne surtout pas transformer cela en soirée littéraire ou pseudo poétique.»

Le jeu en valait la chandelle. Cyrano, plus léger, prend un nouvel envol. Grâce évidemment à un Jacques Weber toujours aussi bourré de talent, mais aussi aux deux magnifiques comédiens qui l'accompagnent : Anne Siarez et Xavier Thiam. Et, au piano, Élisabeth Cooper... Une pièce tout en gourmandise.

À savourer de toute urgence.

«Cyrano» : les 24, 25 et 26/10 à 20 h 30, rue Rouge, 47 à 1180 Bruxelles, 02 374 64 84