Santé

Focaliser sur la douleur, ça l'entretient

Focaliser sur la douleur, ça l'entretient

Ne pas laisser une douleur persister, c'est le message lancé dans le cadre de la semaine européenne de la douleur.

Un jeune chercheur belge vient d'être récompensé pour ses recherches sur la douleur. Il veut aider les patients atteints de fibromyalgie.

Montrer en quoi l'attention entretient la douleur et chercher un moyen thérapeutique permettant de lutter contre ce phénomène, c'est le thème d'un travail de recherche d'un jeune chercheur belge, primé par la Fédération européenne de l'Association internationale pour l'étude de la douleur (EFIC) et la société pharmaceutique Grünenthal.

Valéry Legrain travaille depuis huit ans sur tout ce qui touche à l'exploration comportementale et neurophysiologique de la modulation cognitive de la douleur. En d'autres termes, savoir comment l'attention modifie l'impact de la douleur. «J'étudie les processus de la douleur au sein du cerveau humain au moyen de techniques d'électroencéphalographie et de magnétoencéphalographie, explique-t-il. Plus particulièrement, je travaille sur deux aspects. Le premier est l'aspect psychologique qui nous permet de comprendre en quoi l'attention modifie la douleur. Le second est l'aspect neurologique-physiologique qui permet de cibler les régions du cerveau impliquées par le changement d'attention.»

Jusqu'à présent, Valéry Legrain s'est penché sur des personnes en bonne santé. La bourse de 20.000 € accordée par l'EFIC et une société pharmaceutique (à noter que c'est la première fois qu'un chercheur francophone remporte ce prix) va lui permettre de poursuivre ses recherches durant deux années supplémentaires. «Je vais continuer à travailler sur des personnes en bonne santé, mais je vais aussi me pencher sur des personnes atteintes de fibromyalgie», poursuit le jeune chercheur de l'UCL et de l'université de Düsseldorf.

La fibromyalgie est une maladie chronique qui se caractérise par une douleur générale et un sentiment de fatigue profonde. Elle touche plus ou moins 2 % de la population belge, essentiellement des femmes et se déclare surtout entre 20 et 40 ans. C'est une maladie difficile à gérer dans la mesure où elle est invisible et suscite souvent l'incompréhension dans l'entourage des personnes atteintes. «On ne connaît toujours pas les causes de cette pathologie, mais elle se manifeste souvent après une expérience traumatique, comme une chute, un accident de la route, une infection virale..., explique l'Association Belge de lutte contre la fibromyalgie. En revanche, la fibromyalgie peut survenir sans cause apparente. La cause réelle de la fibromyalgie n'a pas encore été déterminée. Cependant plusieurs hypothèses ont été formulées. La plus probable est celle qui fait état d'un déficit en sérotonine, substance ayant un rôle dans la régularisation de la douleur et l'induction du sommeil profond.»

Jusqu'à présent, aucune thérapie ne permet de l'éradiquer. «Mon but est de montrer en quoi l'attention entretient la douleur et de trouver une technique thérapeutique qui permettrait au patient de moins focaliser son attention sur la douleur, note Valéry Legrain. Moins le patient fera attention à la douleur, moins celle-ci sera importante. Il faut savoir que si on arrive à distraire quelqu'un qui souffre, il pensera moins à la douleur. Ce n'est pas le cas chez un patient atteint de fibromyalgie. Mon but est d'essayer d'améliorer le vécu de ces personnes.»

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