RALlYE - Tour de Corse

«Fier d'avoir été un pionnier»

«Fier d'avoir été un pionnier»

(photo Belga)

Aux côtés du pilote français Nicolas Bernardi, le Hutois Jean-Marc Fortin a étrenné, ce week-end en Corse, la nouvelle Suzuki WRC.

Jean-Marc Fortin, rallye-raid (le récent Pharaons avec le Polonais Holowczyc), Mondial des rallyes (le Tour de Corse avec le Français Bernardi) : on ne vous a jamais autant vu sur le terrain depuis que vous avez fondé Overdrive avec Grégoire de Mevius. Trop à l'étroit dans les bureaux du team?
Pouvoir continuer à faire de la compétition est un privilège. Que des gens - dont une usine! - me fassent toujours confiance est d'ailleurs très valorisant. Même si ce cumul est parfois assez lourd, j'avoue. Mais je ne vais quand pas bouder mon plaisir...

D'autant que vous venez de participer activement en Corse à un moment rare : l'arrivée d'un nouveau constructeur en WRC. Pas fréquent...
C'est clair que cela faisait longtemps que la Division 1 du Mondial attendait un nouveau venu. Je suis donc évidemment fier d'avoir été un pionnier pour Suzuki. Et doublement content que cela se soit passé en Corse. Car pour un copilote, c'est quelque chose ce rallye. Avec parfois 40 pages de notes pour 30 km, c'est là où il «chante» le plus...

Faisant allusion à sa réussite en Super 1600 (dont le titre 2007 pour Andersson), sa pub dit : «quand on a bien travaillé, on peut passer dans la classe supérieure». Un peu comme à l'école. Quel bulletin donneriez-vous à Suzuki après cette 1re session?
Grâce au super-rallye (qui permet aux abandons de la veille de repartir le lendemain), on a rallié l'arrivée (31e à 33 min. 27 de Loeb, le vainqueur) et c'est déjà beaucoup. Vous savez, ce n'était que la 3e sortie de cette nouvelle SX4 WRC, après un déverminage voilà 3 mois (NDLR : où, cocasse, Fortin avait notamment re copiloté F. Duval aussi convié à ses tests) et trois plus récents jours d'essais à Sospel, dans l'arrière-pays niçois. Soit en tout à peine 1000 km. C'est dire qu'on n'en est qu'au début de l'histoire. Mais franchement, l'équipe n'a pas à rougir. Elle ne venait pas en Corse pour bousculer la hiérarchie, mais pour apprendre. Il suffisait de voir les moyens déployés : effectifs limités, petite infrastructure, etc.

Votre résultat a-t-il correspondu aux attentes?
Oui, compte tenu des inévitables maladies de jeunesse nous ayant retardés (moteur en sécurité sans raison, vendredi; problème d'injecteur samedi; panne hydraulique, dimanche). Mais quand l'auto a été épargnée et sans pour autant prendre des risques inconsidérés et totalement inutiles vu les circonstances, on a fait un top 10. On a signé des 11e, 12e ou 13e chronos aussi. Je suis d'ailleurs convaincu qu'avec un moteur au point - on s'est un peu lourdé sur ce plan - , on pourrait vite «jouer» avec les Subaru officielles et devancer les «seconds couteaux» tels Stohl etc.

Pas un peu ambitieux, ça?
On sait où on doit s'améliorer et il reste évidemment du travail pour arriver au niveau des meilleurs, mais la base est bonne. Ce Tour de Corse et le RAC (30 nov.-2 déc.) que l'équipe fera aussi (avec les Finlandais Lindholm-Tuominen) n'ont d'autre but que de préparer 2008.

Où l'on vous reverra dans cette Suzuki SX4 WRC?
En essais sûrement car Nicolas (Bernardi) est chargé des tests et développement sur asphalte. Et en course, j'ai bon espoir...

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