Verheyen : "Voyons s'ils ont autant de talent qu'on le dit"

Verheyen : "Voyons s'ils ont autant de talent qu'on le dit"

A son époque, pas si lointaine, Gert Verheyen (ici face à la Tunisie lors de la Coupe du monde 2002) atteignait avec les Diables des sommets qui semblent bien loin pour l'équipe de Vandereycken. (photo Belga)

L'ancien joueur de Bruges, consultant pour Belgacom TV, stigmatise le manque d'engagement des jeunes Diables rouges. Interview.

Retraité depuis 2005, Gert Verheyen (37 ans) a fait partie de la dernière sélection belge à avoir joué un tournoi international, le Mondial 2002. Quand il évoque son mandat à la tête des Diables rouges, Robert Waseige dit souvent : «J'avais, en Marc Wilmots, un formidable leader. Mais j'avais son complément flamand, Gert Verheyen.» Alors qu'on évoque une jeunesse belge talentueuse, que pense-t-il des Diables actuels? Lui qui fut si souvent caricaturé comme un joueur pauvre techniquement...

M. Verheyen, quelle impression vous laisse les Diables rouges actuels?
Contre la Finlande (0-0), après de meilleures prestations, on n'a pas su travailler dans la continuité. Techniquement et au niveau de l'engagement, c'était insuffisant pour jouer un match international.

On parle d'une jeunesse talentueuse. Qu'en pensez-vous?
Il semble qu'il y a du talent, oui, mais voyons s'ils en ont autant qu'on le dit! En foot, il n'y a que les résultats qui comptent. Et l'efficacité. Or, offensivement et défensivement on ne l'est pas assez. On encaisse trop facilement et on marque trop difficilement.

Que manque-t-il?
De l'engagement. À entendre les joueurs, tout est en ordre, ils sont amis et tout va bien. Ils peuvent le dire, mais on ne ressent pas un réel engagement collectif. Je vais vous donner un exemple : après le match, à la télévision flamande, on demande à Kompany si Defour n'a pas trop manqué. La réponse de Kompany a été : "C'est un choix de l'entraîneur". Defour était suspendu, il ne le savait pas. Cela en dit assez sur la concentration.

Quelle est la part de responsabilité de René Vandereycken dans cet échec?
Il est responsable, comme les joueurs, mais pas plus ni moins. Hormis la sélection et l'animation du jeu, un entraîneur ne peut travailler avec une sélection comme on travaille, au quotidien, en club.

Justement, sa sélection a souvent fait débat. Y a-t-il des joueurs que vous auriez aimé voir?
Pas spécialement. Sauf des exceptions telles que Deschacht. Mais ce n'est pas un ou deux joueurs différents qui changent toute l'équipe.

Et au niveau de l'animation, le plan de jeu n'est-il pas trop défensif ou conservateur?
Mais Vandereycken n'a jamais joué avec cinq défenseurs. Tout au plus a-t-il joué avec un attaquant, parfois. Mais quand on est plus faible offensivement, il faut savoir assurer ses arrières. Je ne pense pas que le problème se situe là.

Êtes-vous optimiste pour 2010?
Il faut être patient avec cette équipe, définir un axe de travail clair. Il est possible de faire quelque chose avec ce groupe de jeunes joueurs, mais il faut leur faire comprendre que jouer en équipe nationale est une fierté. Ce n'est pas seulement venir en Belgique, jouer son match et puis partir. Or, quand je les vois jouer, parfois, j'ai cette impression. J'espère que je me trompe.

On fait souvent référence à 2002 et au manque de leadership. Qu'en pensez-vous?
En 2002, on était trentenaire, pour la plupart. On a aussi reçu notre lot de critiques. Dans cette équipe, je pense que Defour ou Fellaini ont les capacités pour être des leaders. Simons, aussi, est un patron. Mais l'équipe nationale, ce n'est pas que du talent ou des leaders. Il faut savoir se faire mal.

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