Alternatif

Un autre tourisme, un autre Congo

Un autre tourisme, un autre Congo

(photo Reuters)

Le 2e salon «Tourisme autrement» ouvre ses portes ce vendredi. Invité d'honneur : la République Démocratique du Congo. Surréaliste ? Un peu. Alternatif ? Sûrement.

Le «tourisme autrement» tient salon pour la deuxième fois. Du 12 au 14 octobre, les amateurs de tourisme équitable, durable et centré sur le développement se retrouveront sur le site de Tour et Taxis à Bruxelles.

Cette année, l'invité d'honneur est la République démocratique du Congo. Mais qui est prêt à se lancer dans une aventure touristique, même alternative, dans un pays qui n'en finit pas de gérer sa propre détresse? Question de «niches», selon Médard Tambwe, adjoint du ministre congolais du Tourisme.

Où en est le secteur du tourisme actuellement en RDC?
Vous savez, le pays sort d'une longue crise. Les images transmises dans le monde ne sont évidemment pas encourageantes. Les touristes n'aiment pas les bruits de bottes. Et à moins de compter les membres de la MONUC comme des touristes... On a environ de 30 000 à 50 000 personnes qui passent pour affaires ou pour de courtes visites.

Dans quel état sont vos infrastructures touristiques?
Elles sont détruites. On peut les réhabiliter mais il faut des moyens pour les reconstruire et les sécuriser.

Comment peut-on envisager un tourisme alternatif en RDC?
Une chose est certaine : en Afrique, le tourisme de masse se joue ailleurs. Pas chez nous. Nos infrastructures sont de toute façon incapables d'accueillir ce type de tourisme industriel. Chez nous, il faut prendre en compte les piliers du tourisme équitable : la protection de l'environnement, la valorisation des cultures locales, le développement des richesses, de l'emploi. Nous avons des lacs, des parcs nationaux... On peut travailler dans le tourisme de chasse et le tourisme de congrès. Ce sont des niches, des piliers qui ne demandent qu'à être développés.

Vous évoquez le tourisme de chasse. Ce n'est pas un peu à l'opposé d'un tourisme durable?
Pas s'il est bien appliqué et réservé aux parcs nationaux, dans un contexte saisonnier strict. Il y a des équilibres à établir.

Il faudra combien de temps pour mettre tout cela en place?
Ça peut aller très vite s'il y a une volonté affirmée. Par exemple, la ville de Goma a été détruite il y a cinq ans. Aujourd'hui, c'est une ville nouvelle, avec des infrastructures hôtelières, certes petites, mais qui répondent aux critères internationaux. Dans les cinq ans qui viennent, on peut créer de 50 000 à 60 000 emplois dans le secteur du tourisme.

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