Un diabétique sur deux s'ignore

Le diabète devient le problème de santé le plus important en Belgique. (photo Reuters)

Le diabète frappe un Belge sur douze. En 2020, ce sera un sur dix. Un salon se tient ces vendredi et samedi sur ce défi sanitaire colossal. Gros plan.

Marcel a reçu hier le résultat de son anal yse de sang. Le jour de ses 59 ans. Le résultat est sans appel : diabète. Cet après-midi, il ira voir son médecin pour avoir des explications. Sa vie va changer, Marcel le sait, et il le redoute. Car on ne se débarrasse pas du diabète comme d'une grippe. Et il n'existe pas de traitement curatif.

Il va désormais falloir lutter, jour après jour, contre la progression de la maladie. Marcel entend d'ici les ordres de son médecin. L'alimentation équilibrée, le sport, les prises de sang régulières. Et il fait la grimace. Du pain complet, des fruits, des légumes, quasi plus de sucre ou d'alcool. Sa vie ne va-t-elle pas singulièrement manquer de sel désormais? Un salon se tient aujourd'hui et demain à Bruxelles pour répondre à toutes ces questions et proposer une vie de qualité malgré le diabète.

Car Marcel est loin d'être un cas isolé. Un Belge sur douze est atteint par cette maladie. Et on estime que d'ici vingt ans, ce sera un Belge sur dix. «Le diabète ne nous a pas encore réveillés. Ni le citoyen, ni le monde médical, dont la réaction est encore trop lente. Mais il est temps de sensibiliser les gens activement aux facteurs et comportements à risque. Il est temps que la Belgique se réveille», plaide Pierre Lefèbvre, ancien président de la FID (fédération internationale du diabète).

Près d'un demi-million de Belges ont un taux de sucre trop élevé et sont des candidats désignés pour développer un diabète. Mais la maladie est silencieuse. On la détecte trop souvent lorsqu'elle a causé ses premiers ravages. La moitié des diabétiques ignorent leur maladie. La grande majorité des patients atteints souffrent de diabète de type 2. Le type 2 vient avec l'âge et une hygiène de vie généralement peu idéale.

Le traitement coûte entre 1.500 et 5.000€ par an

Mais le nombre de jeunes de moins de 10 ans qui souffrent d'un diabète de type 1 a, lui aussi, doublé ces 15 dernières années, en Belgique. On ignore la cause de cette augmentation. Les facteurs génétiques jouent un rôle dans les cas de diabète de type I, mais également des facteurs environnementaux qui ne sont pas encore tout à fait connus.

Le diabète est une affection qui suppose que la quantité de glucose dans le sang est trop élevée. S'il n'est pas traité correctement et attentivement, le diabète entraîne de graves complications: pathologies cardiaques, cécité, insuffisance rénale et pied diabétique. Ainsi, par exemple, le diabète entraîne une moins grande sensibilité aux pieds. Lorsqu'il y a infection, cela peut mal tourner. Dans 4 % des cas, les hôpitaux belges sont obligés de recourir à l'amputation.

Le traitement tourne autour 1500 € chaque année à la sécurité sociale. En cas de complications, l'État débourse annuellement environ 5000 € l'an, ce qui représente entre 10 et 15 % du budget total de la santé. La question du diabète représente donc aussi un défi en termes de coût pour la société.

(C. Ern.)

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