La perpétuité pour Van Themsche, sans surprise

La perpétuité pour Van Themsche, sans surprise

Tête baissée comme tout au long du procès, Hans Van Themsche s'est entendu condamné à la peine maximale. (photo Belga)

La peine maximale a été infligée à Hans Van Themsche : la détention à perpétuité. Aucune circonstance atténuante n'a été retenue. Récit.

Les mots du président de la cour d'assises d'Anvers étaient sans équivoque. «Des faits d'une cruauté particulièrement graves», «la valeur de la vie humaine réduite à néant», un «ego surdimensionné» de l'accusé, a égrené Michel Jordens. La conclusion de l'arrêt s'annonçait : Hans Van Themsche a été condamné à la détention à perpétuité, pour les assassinats racistes du 11 mai 2006 d'Oulematou Niangadou et de la petite Luna Drowart, et la tentative d'assassinat, toujours motivée par le racisme, de Songul Koç. Les débats, a encore commenté le magistrat, n'ont permis de retenir aucune circonstance atténuante en faveur du jeune Anversois.

Depuis que les jurés avaient, mercredi soir, au terme de trois heures et demie de délibération, rendu un verdict de culpabilité, avec la circonstance aggravante de motivation raciste, il ne restait il est vrai guère de marge. Après avoir, la veille, jeté en vain toutes leurs forces dans le débat, pour faire admettre que leur client souffre d'un «syndrome d'Asperger», ses défenseurs ont, hier, baissé les bras.

Des plateaux déséquilibrés

«Je reste convaincu qu'il y a un problème psychiatrique chez Hans Van Themsche, mais apparemment, je suis le seul à le croire» a soupiré Me Bart Herman. Faute de disposer, comme aux Pays-Bas, d'un système permettant de déclarer la responsabilité partielle d'un accusé, les jurés peuvent «adresser un signal à Hans Van Themsche, pour lui montrer que la haine et la vengeance ne triomphent pas».

«En lançant mercredi qu'il veut devenir un être humain, il nous a adressé une question existentielle : les juges ne sont pas des vengeurs; traitez-le comme tel» complétait Me Pol Vandemeulebroucke.

Mais l'avocat général, Frank De Keyzer, restait dans sa logique implacable de la veille. «Quelle circonstance atténuante pourrait faire pencher vers lui la balance de la Justice, quand, dans un des plateaux, il y a le cadavre d'un bébé de deux ans, celui d'une femme noire, et le corps torturé d'une femme turque?»

«Travaillez sur vous-même!»

Les jurés et les magistrats ont embrayé : rien ne pouvait jouer en faveur de l'accusé. «La peine est sévère, très sévère même, mais la cour et le jury veulent vous indiquer que, malgré sa lourdeur, il vous reste des chances pour la vie» explique Michel Jordens, en s'adressant au condamné.

Un jour, Hans Van Themsche pourra entrer en ligne de compte pour une libération conditionnelle. «Ce jour-là, le tribunal d'application des peines mesurera les efforts que vous aurez fournis pour mériter cette décision : tout dépendra de la manière dont vous aurez travaillé sur vous-même. Et quand viendra le moment où vous pourrez ainsi prendre un nouveau départ dans votre vie, j'espère simplement que vous vous souviendrez que vous bénéficierez alors d'une chance que vous n'avez pas laissée à vos victimes» conclut le président de la cour d'assises.

Debout, tête baissée, les bras le long du corps, le condamné semble à peine l'entendre. Avant que le jury se retire pour délibérer, il s'était contenté d'annoncer sa volonté de «survivre avec dignité». Il lui en faudra plus pour convaincre.

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