De Gucht prêt à rompre le front flamand?

Karel De Gucht, le meilleur allié des francophones ? (photo EdA - Jacques Duchateau)

Le ministre sortant des Affaires étrangères et négociateur Open Vld a tenu à rassurer les francophones ce dimanche. "Le cartel CD&V/N-VA lâchera du lest", s'est-il risqué à pronostiquer. Les réactions au nord du pays n'ont pas traîné...

+ "Un gouvernement pour l'Armistice si le CD&V fait des concessions" 
+ L'orange bleue enfin sur les rails?

Le CD&V, par la voix de son président Jo Vandeurzen, a déploré dimanche le peu de respect et de loyauté dont faisait preuve, d'après lui, l'Open Vld. "Que le ministre sortant des Affaires étrangères transmette aux ambassades belges des explications pour ne pas dramatiser la situation, c'est une bonne chose. Inspiré par les réactions positives à son initiative, Karel De Gucht juge maintenant nécessaire de faire la leçon au CD&V/N-VA", a souligné M. Vandeurzen.

Le président du CD&V s'est étonné de ce choix tactique du négociateur VLD. "Ce n'est pas la première fois que M. De Gucht, en matière de stratégie, provoque des froncements de sourcils", a-t-il dit. M. Vandeurzen a rappelé aux libéraux flamands l'épisode des accords du Lambermont. Selon le chrétien-démocrate flamand, qui était alors dans l'opposition, le faible prix qu'ont payé les francophones en a étonné plus d'un et a rendu plus que jamais indispensable un front uni des partis flamands pour défendre leurs objectifs.

Le CD&V demande aux libéraux flamands "un signal clair" qui montrerait qu'ils souscrivent à l'ambition de doter la Flandre d'outils politiques plus concrets. Il formule la même demande dans le dossier de Bruxelles-Hal-Vilvorde pour lequel le CD&V réclame une solution sérieuse avant la formation du gouvernement.

L'Open Vld a réagi lui aussi. "L'Open Vld et le cartel veulent sur le plan communautaire la même chose: la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde et une réforme de l'Etat", a expliqué le porte-parole du parti. "Ce qu'a dit Karel De Gucht, c'est ce que sait tout le monde dans ce pays: que tous les partis devront mettre de l'eau dans leur vin pour aboutir à un accord de gouvernement. Pas plus, pas moins", a-t-il ajouté.

Enfin, les propos de Karel De Gucht ont "étonné" le Vlaams Belang. Pour le parti flamingant le plus extrémiste, M. De Gucht oublie que la scission de BHV est inscrite dans l'accord gouvernemental flamand et qu'il y est précisé qu'aucun prix ne sera payé. "Ou bien De Gucht parle en son nom ou au nom de l'Open Vld. Dans ce cas, le ministre-président Peeters est face à un gros problème", dit le Belang dans un communiqué. (Belga)