Les flamingants à l'assaut de Waterloo

Le bourgmestre a autorisé une délégation à accéder à la Butte, par crainte qu'une bagarre générale n'éclate! (photo Belga)

350 flamingants ont manifesté dimanche au pied du Lion de Waterloo, malgré l'interdiction communale. Ils ont planté des drapeaux flamands près de la Butte. A Rhode-St-Genèse, ils ont brûlé des drapeaux belges. Votre avis: provocation symbolique ou menace réelle ? Le forum est ouvert!

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Le bourgmestre, qui avait initialement interdit la manifestation, a changé d'avis pour éviter les incidents. Vincent Scourneau avait en effet interdit la manifestation sur son territoire. A 13h15, la Butte du Lion a été fermée aux touristes par mesure de sécurité. Vers 14h00, arrivés à proximité du site via la chaussée de Charleroi, les quelques 350 manifestants ont été bloqués, sur la route menant au Lion et dans les champs avoisinants, par un cordon policier de plus de 100 policiers, issus de la réserve générale et de la cavalerie de la police fédérale.

Quelques échauffourées ont rapidement éclaté à l'arrivée des manifestants. Mais la situation s'est calmée quand une délégation a pu passer. Emmenée par Frank Vanhecke, président du Vlaams Belang, elle a été autorisée à planter deux drapeaux flamands au lion noir sur fond jaune dans un champ à proximité de la Butte du Lion. Le reste des manifestants était confiné derrière un important cordon policier.

Manifestants violents

Le bourgmestre de Braine-l'Alleud a justifié cette autorisation expresse par un souci de sécurité publique face à des manifestants hostiles "J'avais le choix: soit je laissais charger plus de 300 personnes, soit j'acceptais qu'une délégation pose un geste symbolique. Compte tenu de la violence dont certains manifestants ont fait preuve dès la sortie des cars, j'ai laissé passer une délégation. Aucun touriste n'a été blessé et c'est le plus important", a précisé Vincent Scourneau.

Le bourgmestre de Braine-l'Alleud a lui-même accompagné la délégation en arborant son écharpe maïorale aux couleurs de la Belgique. Le cortège s'est disloqué un peu avant 14h45. Les militants du Voorpost sont ensuite remontés dans leurs cars. Par cette manifestation, le mouvement extrémiste flamand entendait marquer sa revendication de fin de la Belgique et de création d'un Etat flamand.

Le Voorpost, les étudiants catholiques flamands, le Vlaams Belang

Plus tôt dans la journée, ces mêmes flamingants avaient garé leurs cars à Rhode-Saint-Genèse. Brûlant des drapeaux belges et chantant en choeur le Vlaamse Leeuw, ils avaient exigé la scission immédiate de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde et de l'arrondissement judiciaire de Bruxelles ainsi que l'indépendance de la Flandre. L'appel à manifester avait notamment été lancé par Voorpost et la Katholiek Vlaams Hoogstudenten Verbond (Association des étudiants catholiques flamands). Ces associations sont proches du Vlaams Belang, dont les députés Annemans, Morel, Vanden Eynde et le président Van Hecke faisaient d'ailleurs partie du cortège...

Les partis flamands n'ont pas respecté leurs promesses, estime Voorpost. "En 2004, on nous avait promis la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Trois ans plus tard, on n'est toujours pas plus loin et, quatre mois après les élections fédérales, il n'y a toujours pas eu cinq minutes de courage politique. Pourtant le message de l'électeur a été clair: davantage de Flandre et moins de Belgique. Cela ne suffit pas de faire du show politique à la Chambre. Nous ne voulons pas du théâtre mais des actes", dit le président de Voorpost, Johan Van Slambrouck.

"Ils ont beson de la Belgique, pas nous!"

Pour Voorpost, la scission de BHV est un point de rupture. "Les Francophones doivent respecter le caractère flamand du Brabant flamand et de la périphérie", dit M. Van Slambrouck. "Ce n'est pas négociable. Approuver la scission avec une majorité flamande ne serait pas immoral. Les Francophones l'ont bien fait avec la loi sur l'acquisition simplifiée de la nationalité belge et le droit de vote pour les étrangers".

"Si les Francophones veulent torpiller les négociations pour la formation d'un gouvernement avec le refus de la scission, c'est leur problème. Ils ont besoin de la Belgique pour survivre. Pas nous. Si l'Etat fédéral ne peut plus respecter les revendications de la majorité, il est alors plus que temps que cet Etat fédéral soit liquidé", a conclu Johan Van Slambrouck. (Belga)

+ Réagissez: cette manifestations constitue-t-elle une menace réelle pour la Belgique, ou s'agit-il simplement d'une action symbolique ?