Brabants bilingues: et si c'était un piège ?

(photo Belga)

Plusieurs responsables politiques francophones ont exprimé dimanche leur scepticisme, voire leur méfiance, envers l'idée formulée par la secrétaire d'Etat bruxelloise Brigitte Grouwels (CD&V). Celle-ci propose d'instaurer le bilinguisme dans les deux Brabants.

Mme Grouwels a écrit lundi aux bourgmestres des 27 communes de la province de Brabant wallon pour leur demander leur point de vue sur une possible extension du statut bilingue de Bruxelles aux deux Brabants. Une solution à la question BHV, mais avec l'octroi, par "parralélisme", de facilités aux Flamands vivant dans ces communes.

1) "Mme Grouwels est-elle sincère", s'est demandé le chef de groupe MR au Parlement wallon, Serge Kubla, lors de l'émission Mise au Point diffusée dimanche midi par la RTBF-télévision. M. Kubla a accusé la secrétaire d'Etat de "chercher à ce qu'on lui dise non", de manière à tenter de démontrer la mauvaise volonté des francophones.

2) "Le moment est malvenu" pour faire une telle proposition, a pour sa part affirmé la ministre-présidente de la Communauté française, Marie Arena (PS), ajoutant que Mme Grouwels "mettait de l'huile sur le feu" alors que se négocie un accord gouvernemental au niveau fédéral.

3) Le député Melchior Wathelet (cdH) s'est lui aussi étonné: la Flandre essaye de réduire les facilités dans les communes de la périphérie bruxelloise et Mme Grouwels propose d'aller vers le bilinguisme, a-t-il fait valoir.

4) Même du côté flamand, le ministre régional Guy Vanhengel (Open Vld) - un collègue de Mme Grouwels au sein du gouvernement bruxellois - a assuré que le CD&V "ne voudra pas d'une telle proposition".

5) Le président du Parlement francophone bruxellois, Christos Doulkeridis (Ecolo), s'est toutefois voulu plus modéré et a suggéré de ne retenir "que le meilleur de la propositrion" de Mme Grouwels.

Tous les intervenants francophones au débat dominical de la RTBF ont enfin insisté sur la nécessité de ne pas réduire les droits des francophones dans la périphérie, rappellant que les facilités accordées en 1962 aux habitants de six communes étaient désormais "bétonnées" dans la Constitution. Mme Grouwels avait présenté sa proposition comme une manière de savoir si les esprits ont évolué depuis lors, alors que la piste du bilinguisme étendu est de plus en plus souvent évoquée dans le cadre des discussions sur la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. (Belga)