Je râle, je peste, je grogne. Depuis quelque temps, j'ai l'art de m'engueuler avec tout le monde. Ça a commencé par mon beau-frère avec qui je dois éviter de parler politique à la table familiale. Puis, il y a eu mon boucher qui m'a refusé un chèque-repas parce que, dit-il, avec ça il ne fait pas son beurre. Ajoutez à cela un entrepreneur qui n'hésite pas à faire pipi sur le mur de mon ami le voisin. Et puis mon amoureuse parce que... c'est mon amoureuse.

Je sais pas. Ça doit être l'automne. La chute des feuilles, la luminosité qui baisse, tout ça...

Toujours est-il qu'au bout d'un certain nombre d'engueulades, on se sent un peu seul contre le monde. On est dans la peau d'un Calimero contre lequel se ligue la terre entière. Car c'est bien de cela dont il s'agit. S'ils m'agacent tous autant qu'ils sont, c'est de leur faute, pas de la mienne. Se remettre en question  ? Pensez-vous  ! Ils sont bien trop sûrs de leur bon droit  ! Dans la liste interminable de ceux qui me cherchent en ce moment, pas un n'a la décence de reconnaître ses torts, de venir s'excuser, de me payer un verre, de me faire un câlin. Aucun d'entre eux n'a l'humilité de reconnaître que, de toute façon, c'est moi qui ai raison et eux qui sont à côté de la plaque  ! Le comble  : ils s'étonnent que je râle. Ils sont gonflés, tout de même.

Et avec ma chance, il y aura bien un paquet de lecteurs pour m'écrire que je suis ici d'une mauvaise foi scandaleuse. C'est trop injuste...