saisie des biens de Rémy Lecrenier

«Les droits de l'homme ne se méritent pas»

L a Ligue des Droits de l'Homme et l'avocat de Rémy Lecrenier s'insurgent contre la saisie des objets personnels du condamné, dans sa cellule de la prison d'Andenne.

Rémy Lecrenier a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, en 1999, pour l'assassinat de sa compagne, de deux soeurs de celle-ci et de leur mère, le 7juillet 1997.

Le 9octobre, le tribunal d'application des peines doit se pencher sur une demande de libération conditionnelle, qui en tout état de cause ne pourrait intervenir avant 18mois.

Vendredi, MeXavier Mercier, avocat de Lecrenier, s'est dit «scandalisé» par cette saisie dans la cellule et sur un compte garni de 1608€.

«Rémy Lecrenier sait qu'il doit indemniser les victimes et il a déjà fait les démarches nécessaires pour vendre les parts qu'il avait dans un immeuble, dans le seul but d'indemniser les parties civiles. Les 1608€ saisis sur son compte devront lui être restitués parce qu'ils représentent le solde de ce que son grand-père lui verse chaque mois. Or, la saisie de ces sommes est interdite, puisque la rente est inférieure au minimum autorisé par la loi»...

Quant à l'ordinateur du détenu, son avocat précise encore «que le statut du détenu, tel que défini par la loi du 12janvier 2005, l'autorise à disposer d'un PC pour suivre une formation professionnelle, ce qu'il fait».

Bref, selon MeMercier, «les frais d'huissiers (700 €) seront supérieurs à ce que la vente publique des biens pourra rapporter.»

La Ligue des Droits de l'Homme, pour sa part, voit dans la saisie «des maigres biens qui restent à un détenu en prison» de quoi constituer un «traitement inhumain et dégradant, lorsque cela a pour conséquence de lui faire vivre toute la durée de sa détention, en l'occurrence la perpétuité, dans le dénuement et la gêne».

«Si on ne peut contester la gravité des faits commis par le détenu et la douleur qu'il a infligée, il est important de souligner que les droits de l'Homme ne sont pas méritoires. Ils s'attachent à tous les individus, quelle que soit leur condition».