Les parents, les frères et les tantes de Hans Van Themsche ont témoigné hier. Pour dire que le racisme n'avait pas cours dans leur famille.

Comment comprendre l'acte criminel de Hans Van Themsche qui, le 11mai 2006, a assassiné Oulematou Niangadou et la petite Luna Drowart, dont la jeune Malienne avait la garde, et a grièvement blessé Songul Koç? Après les psychiatres et psychologues, jeudi, les parents, deux des trois frères de l'accusé, et deux de ses tantes ont défilé à la barre des témoins de la cour d'assises d'Anvers. Pour récuser avec force que le racisme prêté à leur famille.

«Je ne connais pas mon fils»

Élevée «dans la conviction qu'on ne peut faire de différence entre les gens sur base de leur race, de leur foi, ou de la couleur de leur peau» Godelieve Van Sluys confirme avoir déclaré que «si Hans a vraiment fait cela, je ne connais pas mon fils», lorsqu'elle a été informée des faits sanglants mis à charge de son aîné.

Après l'équipée mortelle de Hans Van Themsche, son environnement familial a pourtant été montré du doigt. Et notamment le climat nationaliste d'extrême droite qui y régnait. «Mon père avait été rejeté de la société après la Seconde guerre mondiale, pour avoir combattu avec les Allemands en Russie. Membre de la Volksunie, il s'en est détourné pour adhérer au Vlaams Belang. Sous l'influence de ma soeur aînée (ndlr: Frieda, naguère députée fédérale d'extrême droite), j'en suis devenu membre moi aussi, mais un membre modéré» explique Peter Van Themsche. Aujourd'hui, précise-t-il, «je ne fais plus partie de "ce parti" par respect pour les victimesmême si je suis toujours un nationaliste flamand à 100%».

Et puis, narre le père de l'accusé, les relations entre son épouse et son père «étaient très tendues: elle était la seule à lui tenir tête.» Et le couple avait décidé d'élever ses enfants d'une tout autre manière, «pas en distribuant des coups, comme j'en ai souvent reçu, mais en permettant la discussion, sur tous les sujets».

La panique soulevée chez Hans Van Themsche par son renvoi du pensionnat de l'institut de Roulers est donc d'autant plus incompréhensible, relève Godelieve Van Sluys.

Un point, toutefois, ne prêtait pas à discussion: «les insultes racistes. Si nous en entendions à table, l'enfant était aussitôt prié de la quitter».

La mère, qui interdisait à ses gosses de jouer avec des armes factices, jusqu'à l'âge de 6 ou de 7 ans, n'avait pourtant pu ignorer la passion de son aîné pour les armes: «j'ai vu un jour qu'il en avait acheté une en ville. Je lui ai dit que je n'aimais pas du tout cela; et que je ne voulais plus la voir. Il l'a rangée dans sa chambre, et je ne l'ai plus revue».

Chaque enfant était responsable du rangement de sa propre chambre, confirment Koen et Jef Van Themsche, plus jeunes d'un et de deux ans que leur frère.

«Oui, il passait énormément de temps à l'ordinateur, et jouait à des jeux de guerre. Mais il s'intéressait plus à la stratégie qu'à éliminer des adversaires» exprime le premier, qui n'a jamais entendu Hans émettre «la moindre opinion raciste».

Même s'il avoue avoir parfois eu des mots avec son aîné, Jef affirme s'être «toujours senti en sécurité auprès de lui. Et j'ai toujours ce sentiment aujourd'hui, malgré ce qu'il a fait. Car je suis convaincu que si c'est bien lui qui a commis ces faits, ce n'était pas son esprit qui le commandait à ce moment-là». Qu'est-ce qui a dès lors poussé Hans Van Themsche, le 11mai 2006, à faire feu pour les tuer, sur une femme voilée, et sur une jeune femme noire de peau?