Wallonie: 200 radars dans nos communes

(photo EdA)

La Région va subventionner l'achat de radars par les communes . Un symbole de ce qu'André Antoine appelle "la Wallonie du respect". Lisez le dossier complet dans L'Avenir, le Jour et le Courrier ce samedi. Et réagissez!

L a plupart des bourgmestres et des chefs de zone de la police locale le disent: les radars dans les communes ne sont subventionnés par le fédéral que lorsque tout le reste (bâtiments, charroi, etc...) est payé.

Résultat: à l'heure actuelle, seuls 70 radars mobiles sont dispersés dans les communes wallonnes.

Totalement insuffisant, estime la Région wallonne. D'autant que lors de la campagne pour les dernières communales, l'une des préoccupations majeures des Wallons était clairement la sécurité routière à l'intérieur de leurs villes et villages.

Du coup, le ministre de la Mobilité, André Antoine, a décidé de prendre le taureau par les cornes en dégageant des budgets dans le cadre de son fameux Plan Escargot (défense des usagers lents), pour subsidier l'achat de radars par les communes.

Objectif d'ici 2009: 200 radars mobiles répartis sur tout le territoire wallon, dont 50 dès 2008.

«Mais le nombre de boîtiers sera plus élevé, explique le ministre. Dans chaque commune concernée, il y aura plusieurs poteaux dont les boîtiers ne seront pas forcément munis du radar. Ce sera à la police locale de changer la place du radar».

But évident de l'opération: créer un sentiment de méfiance chez les automobilistes qui ne sauront jamais où sont exactement les radars et donc lèveront le pied.

«Ce que nous voulons, poursuit André Antoine, c'est qu'il y ait des sanctions pour les Wallons qui ne respectent pas les règles.»

La subvention, qui pourra être demandée dès février, sera assez attractive pour les communes puisqu'elle se monte à 75% du prix du radar (qui oscille tout de même entre 50000et 70000€).

Le dernier quart, qui devra être investi sur fonds propres, devrait rapidement être amorti pour les communes qui pourront ensuite bénéficier de substantielles rentrées financières via le fonds des amendes routières.

Petite précision: seules les communes ayant un Plan de mobilité communal (82 aujourd'hui) seront en droit de demander la subvention qui est donc également un incitant à créer un PMC dans toutes les villes wallonnes.

«Une façon également, ironise Antoine, de répondre aux Flamands qui jugent que les Wallons profitent de l'argent récolté grâce aux nombreux radars présents en Flandre».

«Une bonne chose»

Du côté des communes, la nouvelle est plutôt bien accueillie. Paul Furlan, bourgmestre de Thuin (et boss de l'Union des Villes), met cependant en garde contre la manière d'appliquer la répression intensifiée.

«C'est une bonne chose. Les citoyens sont demandeurs. Le tout est de savoir où on va les mettre. Si on les place sur des routes accidentogènes, c'est très bien. Si c'est pour flasher dans les lotissements ceux qui roulent à 32 au lieu de 30, ça n'a pas de sens. Il faudra aussi des règles objectives de placement.»

Et Furlan d'insister sur le rôle des zones de police.

«Ce sont elles qui doivent gérer ça. C'est là que les techniciens se trouvent. Ce sont elles qui ont les relations avec le Parquet. Il faudra des stratégies d'intervention communes et prévoir des formations».

Bref, les communes ne devront pas fonctionner au radar...