MOBILITE

L'armée appelée pour reboucher les trous sur les routes

L'armée appelée pour reboucher les trous sur les routes

L'adjudant-major e.r. Bernard Houart a été rappelé de sa paisible retraite pour venir renforcer les rangs des militaires mis au travail sur les routes. (photo EdA - Jacques Duchateau)

VIDEO ACTU24 | L'armée belge a été appelée au secours du MET. C'est en effet la grande muette qui va oeuvrer au rebouchage des trous sur les routes.  Interview du ministre Paul Furlan qui présente l'opération "Chape de plomb" et reportage sur le terrain avec les premières équipes de militaires à pied d'oeuvre.

Personne ne le contredira : les trous dans les routes constituent un véritable fléau pour les automobilistes, d’autant que le dernier hiver les a conduits à se reproduire à un rythme proche de celui des lapins.
Un cauchemar pour les automobilistes, carrosseries, roues et autres suspensions qui devrait cependant bientôt prendre fin. Car les Régions, croulant sous les plaintes des automobilistes, ont vigoureusement agité un larmoyant "mayday mayday" sous le nez du ministère de la défense pour boucher les trous maudits.

Mais voyons cela sur le terrain, avec notre reportage vidéo :


Actu24 - L'armée appelée pour reboucher les trous des routes
envoyé par actu24. - L'info internationale vidéo.

Du côté du ministère de la défense, on reste cependant très discret sur le sujet. "C’est qu’il reste tout de même bien des détails à peaufiner", susurre un major sous le couvert de l’anonymat. Comme le nombre de militaires à mobiliser et les moyens à leur octroyer. "Mais surtout, il s’agit de dresser une liste des travaux prioritaires et de voir où des capacités de l’armées peuvent être utilisées au mieux."
Il faudra ainsi par exemple "catégoriser" les trous. "Un trou, c’est un vide en 3D entouré de plein. Ils peuvent avoir toutes les formes et toutes les tailles. Il ne faut pas se tromper, et utiliser les bons moyens pour les bons trous. Nous avons ainsi défini trois catégories de trous."


Voilà donc les trous de catégorie 1 : une longueur de plus de 40 centimètres et profond d’au moins 10 centimètres. "Ceux qui font le plus mal. On ne se contente pas d’un sparadrap, on travaille de manière chirurgicale. Mais préalablement, on commencera par un recensement et une cartographie des trous par hélicoptère. Parce que les localisations fournies par les gouvernement régionaux sont incomplétes. Après ça, on enverra le génie pour traiter la cible, avec les moyens lourds, comme des chars lourds -mais modifiés (les chenilles, ça abîme) - pour damer le macadam sur de grandes surfaces . "


Viennent ensuite les trous de catégorie 2 et 3. "De taille moyenne pour les premiers (20 centimètres au moins pour les premiers et moins pour la seconde catégorie), lesquels demandent une intervention plus classique : un camion, des brouettes, des hommes équipés de pelles et une toilette mobile".


"Le hic, excepté le génie, c’est que les militaires n’ont pas de connaissances spécifiques en travaux de voirie. Il a donc été décidé de leur offrir une formation «express» de trois jours. Ca ne compte évidemment pas pour certains militaires qui reviennent d’Afghanistan qui, eux, en ont justement rebouché des trous, sur l’aéroport de Kaboul".


Quand seront-ils à pied d’oeuvre ? Si on excepte la cartographie qui peut rapidement débuter, les travaux de réparation ne pourront débuter qu’après l’acquisition de nouvelles pelles, actuellement en nombre insuffisant, "environ 2 à 3000 pelles supplémentaires devraient suffire.Cela dit, on espère pouvoir débuter dans les deux mois, pour que les routes soient en état pour les grandes vacances. Cela dit, certaines unités ont déjà pris contact avec des services de voirie..."


Un beau plan donc, qui a même prévu les "récidives". "A chaque tronçon affecté par des trous, on ne se contentera pas d’examiner les seuls trous, mais bien le tronçon entier de voirie. En cas de mauvaise construction, nous avons obtenu l’autorisation de faire usage de petites quantités d’explosifs pour faire sauter le tronçon litigieux et le refaire à neuf... Dans ces cas là, on évacue évidemment les maisons proches. Parce que travailler de manière chirurgicale dans ces conditions là , pour nous, ce sera aussi une première hein..."

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