"Hans était un bon interne"

Les membres du jury ont écouté les éducateurs. Hans Van Themsche a toujours dit que son exclusion de l'internat l'avait poussé à faire ses crimes. (photo Belga)

Ce mercredi matin, troisième jour du procès de Hans Van Themsche, les éducateurs de l'institut où était scolarisé le jeune homme sont venus témoigner. Pour eux, l'auteur des crimes racistes à Anvers le 11 mai 2006 était un bon interne.

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Les éducateurs de l'internat de Roulers ont raconté à la cour d'assises d'Anvers comment ils avaient surpris Hans Van Themsche (18 ans au moment des faits) en train de fumer dans sa chambre deux jours avant son équipée meurtrière, le 11 mai 2006.

Les éducateurs qui assuraient la surveillance des élèves ont entendu du bruit le 9 mai 2006 aux alentours de 23h30. Ils ont voulu entrer dans la chambre de Van Themsche, d'où sortait de la lumière, mais la porte était fermée à clé, ce qui était interdit. Sur leur insistance, le jeune homme leur a finalement ouvert.

"Une personne tranquille et chaleureuse"

"Hans avait visiblement bu. Ses lèvres portaient encore les traces rouges du vin. Il était dans un état second et incapable de mener une conversation normale", a raconté Giovanni Houthoofd. Les surveillants ont fouillé la chambre, et Van Themsche leur a indiqué une bouteille de vin rouge, à moitié vide, cachée sous les draps du lit. Une recherche plus fouillée a permis aussi des retrouver des bouteilles de vodka vides et une bouteille de plastique servant de cendrier et contenant quatre mégots de cigarettes. "Les internes ne peuvent pas faire de feu dans leur chambre et ils savent que s'ils sont pris en train de fumer, une exclusion est presque inévitable", a expliqué Titus Monteyne.

Les deux éducateurs avaient déploré qu'il soit renvoyé de l'internat pour ce motif. "Je ne m'attendais pas à ça de lui. J'étais sous le coup et déçu qu'il serait renvoyé de l'internat. Hans était une personne tranquille et chaleureuse. A son arrivée, il s'était un peu renfermé sur lui-même, mais la dernière année, il s'était fait plus présent, de par sa participation au conseil de l'école, ses remarques justes et son sens de l'humour", s'est rappelé Titus Monteye.

Les éducateurs avaient même envisagé de taire l'incident à la direction. Mais ils savaient qu'il viendrait au jour un jour ou l'autre et qu'ils ne pouvaient pas agir ainsi vis-à-vis des autres internes. Le lendemain matin, ils ont mis la direction au courant. "Hans m'a parlé, plus tard ce jour-là. Il m'a dit que la décision revenait maintenant à la direction et que cela s'annonçait mal. Les choses étaient claires pour lui, avait-il ajouté. Il était très déçu, selon moi", a déclaré Giovanni Houthoofd.

L'annonce des crimes a fait "l'effet d'une bombe" à l'internat

Le jour même, le 10 mai, la direction a décidé d'exclure Hans Van Themsche de l'internat, mais il n'en n'a pas été immédiatement informé, car sa classe était en voyage scolaire à Louvain. "Mais l'exclusion de l'internat ne signifiait pas qu'il ne pouvait plus fréquenter l'école. Il pouvait prendre un kot à Roulers. L'école l'aurait d'ailleurs sûrement aidé à trouver un autre logement", a fait remarquer Titus Monteyne.

Lorsque la nouvelle des crimes a été connue à l'école et à l'internat, cela a fait l'effet d'une bombe. "Nous ne pouvions pas y croire. Cela ne correspondait pas au Hans que nous connaissions. Je l'ai toujours trouvé gentil, et même un peu nonchalant", a déclaré la directrice, Katrien Vereenooghe. (Avec Belga)