Cher Elio Di Rupo,Je vous ai vu l'autre soir au JT déplorer ce gouvernement orange bleu qui n'en finit pas de ne pas se former. À nouveau vous n'aviez plus votre noeud papillon. Je sais que ce n'est pas neuf, mais je ne m'y fais pas. C'est comme lorsque Tintin a abandonné ses pantalons golf ou que le groupe Kiss a ôté son maquillage : ça n'avait plus la même saveur.

Ce noeud papillon, c'était votre tenue de combat, votre vecteur de séduction, le logo de votre singularité. À vous voir soudain en polo déboutonné, voici le message qui se dégageait de votre personne: "j'ai pris un râteau aux dernières élections; on m'écarte obstinément des négociations; tout le monde se fout du bien-être de mes chers concitoyens. Alors je me mets à l'aise". On ne serait pas étonné de vous voir d'ici peu donner des interviews en survêtement de sport, voire en peignoir de bain. Ou de faire suivre vos conférences de presse d'un barbecue et d'un tournoi de pétanque. Vous aviez l'autre soir, le même look préretraité à mi-temps qu'Henri Dès, le chanteur suisse pour enfants, toujours affable mais qu'on sent un peu las d'écrire des refrains traitant du gâteau, du pipi ou du vilain crapaud.

Plutôt que de vous morfondre, cher Elio, pourquoi ne pas vous porter candidat à cette simulation de voyage jusqu'à la planète Mars, dont on nous présentait le menu hier? 520 jours de mission, avec un groupe de six à huit personnes, dans un module de 200 m2. Un défi psychologique redoutable, des conditions extrêmes. Mais qui, l'avez-vous remarqué?, ressemblent de façon troublante à la formation du nouveau gouvernement...