Procès terrorisme: Saïd Arissi voulait combattre en Irak

Saïd Arissi, l'un des neufs prévenus à comparaître pour terrorisme devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, a expliqué jeudi que son projet initial était de partir en Irak afin d'y combattre aux côtés d'un ami, mais qu'il avait finalement révisé ses plans au profit du Waziristan.

Saïd Arissi, ancien chanteur de raï, s'est rendu à partir de mars 2007 en Syrie dans l'objectif d'y apprendre l'arabe puis de combattre en Irak. Il s'agissait d'un choix personnel, a-t-il dit. Personne ne l'attendait en Syrie où il a séjourné à l'hôtel durant les premiers jours. Sur place, un Palestinien l'a dissuadé de partir pour l'Irak où "on n'a pas besoin des petits Européens".

De retour en Belgique en septembre 2007, il a rapidement choisi de repartir. "Je devais constater sur place", a expliqué le jeune homme aujourd'hui âgé de 29 ans.

Après avoir lu le livre de Malika El Aroud, dans lequel la prévenue évoque ses séjours en Afghanistan, Saïd Arissi a écrit à cette dernière, sans obtenir de réponse. "J'étais endoctriné, le groupe pour lequel je combattrais m'importait peu", a-t-il déclaré.

Au Waziristan (Pakistan), Saïd Arissi a suivi des formations au maniement d'armes et d'explosifs. "J'ai l'impression qu'on nous donnait toujours des prétextes pour ne pas combattre", a-t-il expliqué. Il a indiqué qu'il ne suivait pas les "pseudo-cours" de manière assidue et qu'il avait été parfois puni pour son manque de sérieux. "On pouvait tricher aux pseudo-examens", a-t-il ajouté.

Désillusionné, Saïd Arissi a demandé à retourner en Belgique où il était recherché comme témoin dans le cadre de la disparition de son ami parti en Irak.

En interrogeant la famille de Saïd Arissi, la police s'est rendue compte que ce dernier avait également quitté la Belgique.

La police n'a été prévenue de son arrivée en Belgique que plusieurs jours après son retour, via Paris.

Le juge d'instruction prit alors la décision de le placer sous écoute et sous observation plutôt que de procéder à son arrestation, Saïd Arissi étant le premier des prévenus ayant suivi des formations de type militaire au Waziristan à avoir regagné la Belgique.

Placé en détention préventive le 11 décembre 2008, il a été remis en liberté le 3 novembre dernier.