MARCHE-EN-FAMENNE CORRECTIONNELLE

Deux ans de prison pour le comptable ?

En charge de la comptabilité d'une société, le prévenu est suspecté d'avoir détourné 30 000 € en rédigeant un faux.

En proie à des soucis financiers, il avait une dette considérable envers la TVA, un individu a bidou illé dans la comptabilité que lui avait confiée une société. Une entreprise de terrassement et de travaux ayant son siège social dans la région marchoise, et pour le compte de laquelle il a exercé la fonction de comptable, en tant qu'indépendant, d'avril 2004 à janvier 2008.

Il avait hier à répondre de faux en écriture, escroquerie et détournement. Plus concrètement, le 30 mars 2007, le prévenu, en aveux, a rempli une déclaration à la place d'un tiers saisi et fait signer celle-ci par une personne à peine engagée dans la SPRL. Cette manoeuvre frauduleuse lui a permis de se faire remettre 30,169,24 € au préjudice de celle-ci.

« En tant que professionnel du chiffre et de ce qui concerne l'argent, il jouissait de la confiance de la SPRL, souligne le substitut Jean-NoëlKraewinkels. Mais cette confiance a été trahie par sa manoeuvre. » Et d'ajouter. « Il remplit lui-même une déclaration de tiers saisi, alors qu'il est lui-même le saisi. Il y a une confusion des rôles. Il a aussi abusé de la confiance d'une dame qui n'avait aucun pouvoir et ne savait pas dans quoi elle jouait. »

Tenant compte de l'importance du montant détourné à son profit, de la gravité des faits et du fait qu'il a agi dans un contexte professionnel, le substitut Kraewinkels requiert à l'égard du prévenu une peine de deux ans de prison. « Il se trouve toutefois dans les conditions pour bénéficier d'un sursis », précise le parquet, qui réclame également la confiscation des montants détournés, et une interdiction professionnelle de cinq ans.

Du côté de la défense, on plaide la plus grande clémence, en l'occurrence une peine assortie d'un maximum de sursis « Il regrette les faits, déjà à l'époque, insiste-t-on. Il avait de gros problèmes d'argent, suite à des problèmes de santé et un divorce. Il travaille désormais en intérim comme comptable employé. Une interdiction d'exercer risquerait de le déclasser. » Jugement le 31 mars.