Inge Vervotte est invitée à venir détailler son plan « sécurité SNCB » devant la commission spéciale. Et les usagers du rail aimeraient bien être écoutés.

La ministre des Entreprises publiques Inge Vervotte et les directeurs des branches de la SNCB seront à nouveau conviés le 29 mars prochain devant la commission spéciale pour la sécurité du rail afin d'y détailler le plan présenté mardi pour accélérer l'implémentation du système de freinage automatique TBL1 +, a-t-on appris au terme d'une séance à huis clos.

Des experts européens

à la barre Plusieurs députés s'étaient formalisés d'avoir dû prendre connaissance de ce plan via la presse, qui avait été conviée mardi par la ministre à une conférence de presse à laquelle eux-mêmes n'avaient pas été invités. Les syndicats seront également conviés à cette séance du 29 mars.

Par ailleurs, la société CPS (service externe de prévention et de protection auquel a recours la SNCB) viendra au cours de cette semaine du 29 mars expliquer les résultats attendus d'une enquête menée pendant un an auprès des conducteurs de trains sur leur charge de travail.

Des experts de l'agence ferroviaire européenne (ERA), le SPF Emploi et le Syndicat autonome des conducteurs de trains défileront aussi devant la Commission, qui a par ailleurs confirmé la tenue de sa mission la semaine prochaine en Italie et en Suisse.

Rappelons que cette commission a été mise en place au lendemain de la catastrophe de Buizingen, en février dernier.

Par ailleurs, les associations d'usagers du rail ont de leur côté réclamé de la SNCB plus d'attention et d'écoute. Ils étaient eux aussi représentés mercredi devant la commission spéciale.

« Les relations avec la SNCB ne sont pas mauvaises, elles sont inexistantes », a déploré Francis Verhees, vice-président du Comité consultatif des usagers (CCU) auprès de la SNCB.

Le CCU regrette notamment de n'être consulté que sur les horaires et les tarifs, lorsque les décisions sont déjà prises.

Les clients revendiquent

Concernant la sécurité, l'Association des clients des transports publics (ACTP) constate que la politique de restriction budgétaire des années '80, combinée à un excellent niveau de sécurité atteint à la fin des années'70, n'ont pas contribué à poursuivre les efforts.

« Si bien qu'en 2000, le niveau de sécurité était au même niveau que 20 ans auparavant », commente Pierre Havelange (ACTP).

« Aujourd'hui, on est piégé » en devant investir dans le TBL1 +, qui nécessite trois ans de mise en place, selon lui.

L'ACTP demande de revoir la formation et le suivi des conducteurs, mais réclame aussi une obligation de résultat.

« Il faut une autorité commune sur les agents des deux sociétés », a-t-il dit, rejoignant son collègue Gianni Tabbone (navetteurs.be) qui estime qu'Infrabel et la SNCB « ouvrent souvent leur parapluie » pour rejeter la responsabilité sur l'autre société.