Tant M e Jean-Philippe Mayence que M e Thierry Delobel ont plaidé l'acquittement de leurs clients. Sur des pans du dossier bien différents.

Il est un peu plus de 16 heures, ce mercredi, et des applaudissements se font entendre au sein de la cour d'assises de Liège. Le fan-club de Michel Letiexhe réagit à la plaidoirie de Me Jean-Philippe Mayence, l'avocat de l'endocrinologue accusé de deux assassinats par injection d'insuline.

L'avocat carolo a ébranlé ou renforcé les convictions. Comment ? En remettant l'essentiel de la faute sur la coaccusée, Marie Vossen. Non pas en tant qu'instigatrice des assassinats - « si vous le condamnez, ce sera de ce chef », a glissé Me Mayence - puisque son client les nie mais comme grande prêtresse d'une machination qu'elle aurait organisée après sa prise en adultère en compagnie de son amant, devenu son compagnon, le 19 novembre 2005.

« Cette machination avait deux buts : l'appât du gain dans le cadre du divorce et aussi une basse vengeance. Elle savait qu'en étant prise en adultère, elle perdrait son divorce... » Et comment y est-elle parvenue ? Grâce au fameux enregistrement « dont l'idée émane de son amant de l'époque, qui aura aussi l'idée d'écrire des lettres, une à Michel Letiexhe au nom de son épouse et une aux parents de mon client », argumente Me Mayence qui détruira dans la foulée la valeur de cet enregistrement, seule véritable pièce matérielle à charge.

« Pas une manipulatrice »« Ma cliente n'est pas une mante religieuse, rétorque Me Thierry Delobel, avocat de Marie Vossen. Son profil psychologique parle pour elle. Elle n'a pas une personnalité manipulatrice. Elle est anxieuse, stressée et, le 26 avril 2007, lorsqu'elle est interrogée par les enquêteurs, elle déballe tout, elle peut se libérer. À ce moment-là, le fameux enregistrement existe depuis décembre 2005 et le divorce vient d'être un peu plus tôt prononcé à son tort. Et la cassette, elle ne s'en sert pas lors de la procédure de divorce... » Pour les assassinats, Me Delobel enfoncera les portes du procureur général, qui a requis son acquittement. « Pour Berthe Loix, tout le monde est d'accord, elle n'était au courant de rien. Pour Josée Julémont, la reconstitution fait apparaître cette histoire de piqûre. Je rappelle que leur gamine, âgée de 2 ans, était en bas. Le mari est médecin et il n'avait pas besoin de l'aide de son épouse, qui est montée, oui, pour donner le seau et... le bâton. » Me Delobel rappellera aussi que le bénéficiaire des héritages était... Michel Letiexhe, par compte bancaire interposé. En matinée, l'avocat général a requis la culpabilité d'assassinat pour Michel Letiexhe.J.J.