IPPJ: Achêne ouvrira bien en 2013

L'IPPJ d'Achêne devrait voir le jour en 2013. Mais il faut d'abord améliorer l'encadrement des jeunes délinquants. (photo Belga)

La ministre Huytebroeck dit « oui » à l'ouverture d'un centre fermé pour jeunes à Achêne. À condition de mettre en place de nouveaux suivis.

L 'ouverture du centre IPPJ d'Achêne, prévue en 2013, sera à l'ordre du jour du gouvernement de la Communauté ce jeudi. C'est que l'affaire continue d'alimenter la polémique. La semaine passée, le MR accusait la ministre Huytebroeck, en charge de la protection de la jeunesse, de faire obstacle au protocole d'accord entre fédéral et communauté qui prévoit bien l'ouverture d'Achêne pour 2013.

Dans sa note au gouvernement, Huytebroek se défend, pourtant, de ne pas vouloir d'Achêne. Bien au contraire, dit-elle.

Par contre, elle ne veut pas ouvrir ce nouveau centre sans un cadre bien précis. « La Déclaration de politique communautaire est claire : Achêne ouvrira mais cela doit se faire avec une évaluation en parallèle », explique Huytebroeck. Mais une évaluation de quoi ?« D'abord, il faudra évaluer comment ça va se passer au centre de Saint-Hubert, qui ouvre en avril et qui pourra accueillir 50 jeunes. » Et puis surtout, la ministre insiste sur la nécessité de renforcer l'accompagnement des jeunes délinquants. En clair, ça ne sert à rien de les enfermer sans prévoir d'encadrement dit-elle.

« Il faut développer des alternatives. Et ça, il ne faut pas attendre 2013. On peut déjà le faire en 2010. Ça passe par un renforcement des services de protection judiciaire et donc l'engagement d'agents supplémentaires, par un suivi intensif des jeunes concernés, mais aussi par des moyens supplémentaires pour intégrer les jeunes dans la société après leur passage en IPPJ ». Après cette fameuse évaluation et la construction du cadre qui doit entourer la création de l'IPPJ d'Achêne qui reste à sortir de terre (contrairement à celui de St Hubert dont les bâtiments existaient déjà), Huytebroeck ira alors voir le ministre de la Justice Declerck pour négocier l'exécution du protocole d'accord de 2008.

« Il faut que nous nous mettions d'accord sur la répartition des jeunes au sein du futur centre. Certains dépendront du fédéral. Ce sont les mineurs "dessaisis" qui doivent être jugés par la Justice adulte parce qu'ils ont commis des faits graves ou qui ont déjà été jugés. Ceux-là sont actuellement en prisons et seront plus tard transférés en IPPJ. Et puis, il y a les autres, jugés par un juge de la Jeunesse et qui dépendent de la Communauté ». Le balisage des nouveaux IPPJ est donc dans le tube. Nul doute cependant qu'avec le débat actuel sur l'insécurité, le dossier devrait revenir régulièrement à la Une de l'actu dans les prochains mois.