Le voile, la loi, la liberté... faut-il choisir?

Le voile, la loi, la liberté... faut-il choisir?

Faut-il légiférer sur le voile? La question déchire le monde politique et la société belge. (photo Belga)

DOSSIER | À la Communauté française comme au fédéral , le débat sur le port du voile fait rage. Ce jeudi, tout le monde marche sur des oeufs.

Ce jeudi, le gouvernement de la Communauté française se penchera sur un dossier ultrasensible : le port du voile à l'école. Le débat est rude, compliqué et se situe à plusieurs niveaux.

Le plus facile à résoudre pour l'Olivier? La problématique du port du voile par les enseignants. On sait, après l'affaire de l'enseignante voilée de Charleroi, que PS, cdH et Écolo sont globalement d'accord pour inscrire dans un décret « neutralité » l'interdiction pour une prof de se présenter voilée devant sa classe. Raison invoquée : le lien de hiérarchie qui pourrait induire une pression, fût-elle inconsciente, sur les élèves.

Toute la question est de savoir si cette interdiction ne pourra être valable que pour les écoles du réseau officiel ou si tous les réseaux seront concernés. De même : va-t-on également interdire le port du voile pour les professeurs d'université?

Ce matin, le gouvernement devrait discuter de tout cela. Mais il est fort peu probable qu'un accord global intervienne aujourd'hui tant la question est sensible. Dans les différents partis, on sent d'ailleurs que tout le monde marche sur des oeufs et ne veut pas se prononcer trop rapidement dans un sens ou dans l'autre.

Quid des élèves ? Les choses risquent d'autant plus de traîner qu'il y a divergence de vues au sein de l'Olivier en ce qui concerne l'interdiction du port du voile chez les élèves. On se souvient qu'il y a quelques semaines, la ministre de l'Enseignement, Marie-Dominique Simonet, avait fait une sortie fort remarquée en proposant d'interdire le voile partiellement dans les écoles, à savoir dans le cycle inférieur.

« En secondaire, je serais favorable à l'interdire jusqu'à la fin de la 3e. Il pourrait être autorisé à partir de la 4e. À ce stade, les jeunes filles atteignent l'âge de la maturité, soit 16 ans », avait-elle précisé avant d'assurer qu'elle présenterait le point en gouvernement. L'ambition du cdH était donc de globaliser le dossier et de lier la problématique du port du voile chez les enseignants à celle du port du voile chez les élèves.

Et c'est là qu'est l'os. Car du côté du PS, on freine des quatre fers. « Il y a actuellement des assises de l'interculturalité qui planchent sur la question. Laissons-les arriver à des conclusions et tirons ensuite les enseignements », dit-on au PS.

Autant dire que le débat n'est pas tranché. D'ailleurs, le Parlement wallon, de la Communauté et la Cocof se réuniront le 25 mars pour discuter de la problématique du port du voile chez les élèves. Il s'agit de trouver une solution dans des délais raisonnables. Certains pensent qu'on peut y arriver avant les grandes vacances.

+ Trois pages spéciales dans Vers l’Avenir, L’Avenir, Le Jour, Le Courrier de ce jeudi 18 mars