Bodybuilding : dopage en toute impunité

Impossible de jouer les monsieurs Muscle sans produits dopants lourds. Mais personne ne sanctionne... C'est ce qu'explique ce soir le magazine «Questions à la Une».

«U ne salle de bodybuilding sans stéroïdes c'est comme un bar sans bière.» C'est l'une des phrases-choc de cette enquête de Michaël MIraglia et Bernard Juncker présentée ce soir dans Questions à la Une. Après avoir épinglé les dessous peu chics de la lutte féminine en milieu fermé, l'émission qui gratte de la RTBF s'intéresse à un autre sport amateur, particulièrement touché par le dopage: le bodybuilding. Officiellement, 500 compétiteurs, répartis en diverses fédérations. Dans la pratique, beaucoup plus de praticiens, et qui tous recourent aux substances illicites pour rendre leur anatomie plus sculpturale. Un témoin anonyme confesse en avoir eu assez d'être maigrichon. Il a donc entamé des cures, de plus en plus fortes. «Parce que dans le monde actuel, il faut toujours avoir l'air bien, parce que l'image, ça compte». Le reportage démontre que se procurer des stéroïdes anabolisants, ce n'est pas bien difficile. Vous pouvez même recevoir d'emblée un échantillon gratuit. Rien à voir avec les compléments alimentaires dont on peut voir les grosses boites dans les salles ou magasins de sport. Ici, c'est d'hormones dangeureuses pour la santé (certaines relevant de la médecine vétérinaire) qu'il s'agit, qui peuvent provoquer le cancer des testicule (tiens donc) et une kyrielle d'effets secondaires, de l'acné aux sautes d'humeur. Le bodybuilding toutefois échappe aux contrôles, en raison de la diversité de ses fédérations, ce qui dilule les rares sanctions. En outre, il n'y a pas de volonté politique d'assainir cette discipline. Pour la Communauté française, ce n'est pas vraiment du sport. Pour la Police, c'en est et donc, cela ne relève pas de ses missions. Les autorités se renvoient la balle, pendant que les muscles gonflent, de façon artificielle et dans une certaine impunité. X.D.

La Une, 20.20