Il était une fois mon Prince, Alexandre de Belgique

La princesse Léa de Belgique raconteà l'aide de photos de famille inédites l'itinéraire de son époux, Alexandre de Belgique. Un prince très discret.

«L e prince Alexandre vit encore!». C'est la réflexion d'une dame à qui on la présentait qui a incité la princesse Léa de Belgique à se replonger dans le passé, à exhumer des albums familiaux des milliers de photos, la plupart inédites. «Le Prince est réservé, discret, à tel point que l'on oublie parfois qu'il existe. Il est temps de rappeler à certains son existence. Il est important aussi de le resituer dans le cadre familial».

Le cadre familial, c'est tout d'abord le Château de Laeken où est né le prince Alexandre, le 18juillet 1942. Il est le quatrième enfant du roi Léopold III et le premier de son mariage avec la princesse de Rhéty, née Lilian Baels. Instantanés d'une famille unie et complice autour du nouveau-né. Les trois aînés - la princesse Joséphine-Charlotte et les princes Baudouin et Albert - sont aux petits soins pour le bambin. «En particulier le prince Baudouin avec qui mon époux entretenait une véritable complicité et auquel il voue toujours une grande admiration, précise la princesse Léa. Il ne se passe pas un jour sans qu'il évoque son souvenir.Il vit beaucoup dans le passé».

Des photos rares où l'on croise la reine Élisabeth et la duchesse de Bragance, mère de la Reine. C'est aussi Léopold III donnant le biberon à son fils, ou lui racontant une des aventures de Tintin. Entre les clichés se glisse une lettre écrite à sa mère, en 1951, pour lui souhaiter un bon anniversaire, un bulletin scolaire ou un faire-part de communion.

Dès 1960, le décor change. Léopold III, la princesse de Rhéty et leurs trois enfants quittent Laeken pour le domaine d'Argenteuil. Ils n'apparaissent plus dans les manifestations officielles. Alexandre passe une adolescence studieuse sous la férule de professeurs particulièrement exigeants. «Il a sans doute gardé de cette époque une grande exigence vis-à-vis de lui-même». Comme son père, le jeune Alexandre se passionne pour les sciences. Il réussira brillamment ses trois premières années de candidatures de médecine à l'UCL mais on lui fera comprendre qu'un prince ne peut pas travailler.

En 1990, en Angleterre, il épouse Léa Wolman, dans la plus stricte intimité. Leur union sera tenue secrète jusqu'en 1998. «C'était son souhait et je l'ai respecté. Il avait peur d'en parler à sa mère. Nous avons annoncé officiellement notre union lors du mariage de la princesse Marie-Esmeralda avec le professeur Moncada. Il a été un beau-père extraordinaire pour mon fils et ma fille.»

Quel accueil cet homme si discret a-t-il réservé à ce livre-hommage? «A l'occasion de ses 65 ans, j'ai réuni des amis dont certains qu'il n'avait pas vus depuis 30 ans et je lui ai remis ce livre. Pour lui qui déteste les surprises, ça a été un choc considérable. Il ignorait tout de ce projet. Mais il en a été particulièrement ému».

Léa de Belgique, «Le Prince Alexandre de Belgique», Éditions de l'Arbre, 29,90€.